samedi 30 octobre 2010

La page blanche

Première neige.
Ça me donne envie de laisser mon festif-tempérament de côté et de me câlisser de l'Halloween en ce samedi 30 octobre.
Je sens un petit air de solitaire sur ma face pas de maquillage et un petit air d'énergie absente sur mon corps pas de costume. Parfait pour écrire. Maintenant que mon petit dernier court-métrage est sur le point de laisser entrevoir ses premières dents le lait, je peux me relancer dans un autre projet. J'ai un an top chrono pour écrire mon nouveau bébé. La page blanche m'excite plus qu'autre chose. C'est un syndrôme fort agréable, à mon avis. Être ébloui par les possibilités. C'est un peu comme être jeune. J'ai lu dernièrement dans un roman de Kundera (Kundera, criss. Wow de wow.) que la jeunesse était une valeur plus qu'un état d'âge. J'aime ça. Je prends et je mets dans ma pochette de valeurs. Odile Gamache ne sera jamais vieille, merci, bonsoir. Ça me fait pas peur, les rides. C'est de perdre mon amour pour le syndrôme de la page blanche qui me fait le plus peur. D'avancer dans l'entonnoir des possibilités qui rétrécit. Le genre de robot-machin dans Le Magicien d'Oz a un entonoir sur la tête. Et son visage est argent. Je me demande si le mot argent vient du fait que l'argent était la couleur de l'argent ou l'inverse. Cela n'a pas beaucoup d'importance, considérant que l'humain détruit l'environnement et que l'économie domine le monde. Ça non plus n'a aucune importance, considérant le fait qu'on ne sait même pas si nous sommes seuls dans l'univers. Et ensuite, en quoi l'inventeur du plat tupperware peut-il être fier.
J'ai la pire tête ; 20000 idées me traversent l'esprit par seconde, mais je ne suis pas capable d'en attraper une et de la développer à 100%. Je suis un redbull cérébral et c'est fort ennuyeux. Je crois que j'aurais besoin d'être seule devant un paysage mort, immobile, silencieux pour quelques semaines. Je disposerais à ma gauche un filet à papillon et à ma droite un petit bocal. Je m'assoierais en indien, parce que ça fait plus sérieux lorsqu'on parle du monde des idées. J'ouvrirais grand mes yeux, mais je ne verrais pas vraiment le paysage. Je verrais mon redbull-cerveau dénudé, sans même son caleçon. Et le paysage immobile annesthésierait mes idées une à une. Elles gèleraient lentement devant mes yeux. Je prendrais alors mon filet à papillons et je sélectionnerais celles qui me paraîtraient amusantes, jolies, ingénieuses ou originales. Je poserais alors sur mon nez de grosses lunettes bien lourdes et classerais le tout, avec la plus minutieuse attention. Et lorsque tout me paraîtrait en ordre, je quitterais le paysage immobile, en ne laissant aucune trace. De cette manière, je pourrais envoyer d'autres redbull-cerveaux-amis en cure. Et je construirais des condos dans mon joli paysage pour que plus de redbull-cerveaux-amis se soignent. Et j'implanterais une chaîne de restauration sympa pour que la cure soit des plus agréable. Mais certains sont difficiles lorsqu'il est question de nourriture. Alors je ferais débarquer un McDo qui ferais jouer cKoi très fort pour déranger les redbull-cerveaux-amis. Et un centre d'achat s'imposerait de lui-même, parce que les humains ne peuvent pas vivre dans le silence de leurs pensées ; ils doivent être divertis et dépenser. De toute façon, c'est mal de penser. C'est mieux dépenser. Sans cela, on pourrait avoir des idées.
Ne distribuez surtout pas de pages blanches aux citoyens, dirigeants. Surtout pas.
Noircissez tout ce qui est blanc.

dimanche 10 octobre 2010

Préoccupation automnale

Je n'ai encore jamais pleuré en regardant une toile et ça m'angoisse.

mercredi 6 octobre 2010

Torture X-tream

J'ai écouté un documentaire sur la privation sensorielle.
Les cobayes restaient enfermés pendant 48h seuls dans une petite pièce complètement noire enfouie dans un vieux bunker au milieu de la forêt, coupés de tout stimulis sonores, visuels, tactiles ou sociaux.
Tous leurs faits et gestes étaient filmés par une caméra infrarouge et un microphone enregistrait leurs monologues (plusieurs se parlaient pour tenter de faire passer le temps).
On a évalué leur capacités intellectuelles à l'aide de questionnaires et de tests avant et après les 48h. On les a donc suivis durant leur périple. Résultat : ils viraient tous sul'top!
Le taux d'erreur lors des seconds tests a atteint 200% par rapport aux premiers.
Ayoye! Seulement 48h et ils ont perdu presque la moitié de leur jugement et de leur logique.

Conclusion : le cerveau humain doit toujours être stimulé, sinon il se détériore drastiquement.
On connaît surtout l'enfer représenté comme un lieu sombre où le feu nous encercle et où la chaleur est suffocante. Mais une autre des conceptions de l'enfer, c'est la privation sensorielle suprême. Aucune présence, aucun stimuli, aucune sensation du temps qui passe. Arien. Seule la conscience d'être. Mais c'est quoi exister, sans aucun stimuli?

Le cerveau humain est la chose la plus fascinante qui existe.
Dans ma liste de choses-impossibles-à-faire-mais-que-ça-serait-trop-nice, j'ajoute ceci :
Meeting avec le plus grand neurologue de tous les temps en l'an 2600 afin qu'il m'explique le mystère enfin résolu de la matière grise.

lundi 27 septembre 2010

Le mur, ou comment tout reconsidérer en cinq minutes

Je suis surstimulée ces temps-ci. Ça fait du bien au moral. Je pète le feu, j'ai des projets qui s'empilent dans ma tête, je m'investis à 100% dans ce que je fais et mes efforts portent fruit, car je me surprends de plus en plus.
Mais je revenais en vélo dans la pluie tantôt et un élément déclencheur x a fait partir le système d'alarme interne de manière assez abrupte.
Est-ce qu'on devrait se sentir mal d'être heureux.
Est-ce qu'il faut porter le poids du malheur des autres?
Est-ce qu'être heureux, c'est égoïste?
Étudier le théâtre, la couleur, la sensibilité, le trait, ctu égoïste?
Criss chtu égoïste, moi?

lundi 13 septembre 2010

Flirter avec la lumière

Mon école, c'est Poudlard.
Et mes professeurs, ce sont des master-king-best-of-the-west.
Et les étudiants sont top-fun-allumés-intéressés-wow-miam.
Et c'est situé à 15-minutes-de-vélo-impossible-contente-bravo.
Et il y a de vieux-pleins-de-vie-planchers-en-bois-beaux-qui-craquent.
Et j'ai jamais autant eu envie d'apprendre-de-me-pousser-go-go-go-power-ranger-you-can-do-it-push-it-further-donne-toi-à-fond-mets-ton-110%.

Et aujourd'hui, j'ai fait du modèle nu tout l'avant-midi.
Mon professeur, le célèbre peintre François Vincent, nous parlait de la lumière, en détachant chaque mot, comme pour ne pas la blesser, comme pour lui rendre honneur, comme pour s'assurer de lui donner tout les bons qualificatifs qu'elle mérite. D'un geste lent, il désignait un triangle de lumière sur la cuisse de la femme nue qui ne bougeait pas. Il nous parlait lentement, sans nous regarder, comme hypnotisé par ce petit triangle. Il nous expliquait que le but ultime du dessinateur était de comprendre avec les yeux. Il ne faut voir que la forme, l'ombre, la lumière et la couleur. Rien d'autre. Il était là, devant nous, à faire sa déclaration d'amour à la lumière et je le trouvais tellement touchant. J'avais l'impression d'être devant un grand philosophe.
Il y a quelque chose d'immensément apaisant dans le dessin d'observation.
C'est une forme de méditation très profonde.
Être capable d'avoir accès à la réalité visuelle et non conceptuelle des choses n'est pas donné à tout le monde. Certains sont beaucoup trop rationnels pour cela. C'est dommage.
Parce que, entre nous, le dessin est une forme de méditation beaucoup plus accessible que de tenter d'atteindre le nirvana en ne pensant à rien.
Même pas besoin de se raser la tête ni de porter une couche, en plus de ça.

Il faut juste flirter avec la lumière.
Puis, avec la pratique et l'entêtement, peut-être qu'elle acceptera un souper en tête-à-tête.

samedi 4 septembre 2010

Les spéciaux

Aujourd'hui, j'ai vu un arc-en-ciel triple dans le ciel.
Ça m'a mis dans un état euphorique.
Il faudrait des arcs-en-ciel tous les jours.
En fait, non.
Ils doivent rester spéciaux.










samedi 28 août 2010

23h33

Desfois tsé.
Tu te dis "aaaayoye".
Tu y penses pu.
Pis tu y repenses.
Pis ça fait du bien.
Pas besoin de télé.

samedi 21 août 2010

L'eau, ça goûte moins que le jus et le ménage

L'eau, ça goûte rien.
Pis l'air aussi.
Mais ça veut pas dire qu'il ne faut pas faire le ménage.
Jeter des choses, ça fait un bien fou et l'eau, ça goûte moins que le jus. Ça fait de la place, ça aère l'esprit. C'est apaisant et l'air c'est pas essentiel, tant que tu es un cailloux.
Un garde-robe bien rangé, ça donne envie d'y mettre des robes. Sinon, rendu au point où il est dangereux d'en ouvrir la porte, mieux vaut sacrer ses jolies robes en boule dans un coin.
Et elles sont frippées après. Surtout, ne jamais aller rendre visite à sa grand-mère avec du linge frippé. Elles détestent ça et en plus, leur peau a besoin d'eau.
Alors, donc, cependant, toutefois, aujourd'hui, en ce 21 août, jour de pas-ma-fête, je fais du ménage, je respire de la poussière et me réjouis que le soleil ait pris congé.

mercredi 18 août 2010

Séance d'anaérobie

Il improvise.
Je n'existe plus.
C'est le plus bel échange que l'on puisse avoir, lui et moi.
Il lance les note du bout des doigts et je les attrape. Il n'y a que moi pour les attraper.
Je voudrais isoler les murs et calfeutrer les fenêtres pour m'assurer d'être la seule à les attraper.
Je voudrais que la musique soit une langue que seuls nous deux comprenions.
Je voudrais aussi pouvoir lui répondre, mais je suis muette. Et c'en est mieux ainsi.
Qu'il s'approprie tout l'air habitant cette pièce pour faire résonner ses notes. Tous les centimètres cube d'air, tous. Je m'en fiche. Je retiendrai mon souffle. De toute façon je n'ai pas besoin de respirer tant que j'attrape ses notes.
Je suis immobile. Je ne peux faire autrement.
Si jamais il était déconcentré...
Si jamais il cessait de jouer...
Si jamais il pensait m'ennuyer...
Si jamais une idée formulée avec des mots plutôt que des notes lui venait à l'esprit...
Non, il faut rester immobile.
Exister le moins possible.
Pour qu'il existe encore plus.
Pour que sa musique respire tout le silence qu'on lui donne et qu'elle s'abreuve de toute l'immobilité qui nous fige.

La pièce est bientôt pleine. Les notes s'entassent. Je le sens s'épuiser. Je ne respire toujours pas, de peur d'anéantir la naissance d'un accord ou d'une mélodie. L'air se fait rare. Les notes cherchent une porte de sortie. Il s'obstine.
Il lui faut plus d'espace.
Il lui faut le désert.
Avec tout cet espace, on pourra passer des nuits entières à s'échanger des notes et à exister à un.
Tout un désert à lui seul et je le transformerai en océan, sans faire le moindre bruit.

lundi 2 août 2010

The Suburbs & moi

Ce matin, alors que je tentais désespérément de me mettre en fonction "éveil" et de me convaincre que j'étais sobre, j'ai entendu les pas du facteur dans l'entrée. Un redbull n'est rien comparé à ce qui m'attendait.

Un joli petit paquet jaune matelassé gisait sur le sol. Mon nom était inscrit en lettres moulées au centre de l'enveloppe. Et dans le coin supérieur gauche, le noms des Sauveurs, des Messis, des Génis, des Surhumains, des Élus:

ARCADE FIRE
6600 Rue St-Urbain
Montréal, Qc
H2s 3G8

J'ai vite oublié les trois heures de sommeil qui me séparaient de la vieille. J'avais commandé leur album, impatiente de l'écouter, mais je n'avais pas osé espérer le recevoir avant sa sortie dans les disquaires!

Ce petit objet circulaire est la 8e merveille du monde.
Je suis complètement sous le choc.
J'ai envie de croire en Dieu.

Et à Osheaga, seigneur. Déjà que j'étais complètement bouleversée par l'incroyable performance du band new-yorkais The National, je suis tombée de 13 étages avec Arcade Fire. J'avais envie de pleurer du début à la fin de leur show. Ils ne peuvent pas exister. C'est impossible, un band de même.
Si un jour un dude ben smatt invente le tatoo audio, eh ben je me tatouerai tout le corps de leur musique. Avec quand même quelques centimètres carrés dédiés à Radiohead.








dimanche 25 juillet 2010

Une chambre à air et son dernier souffle

Mon vélo gémit depuis quelques jours. Ça me fend le coeur de le voir ainsi souffrir.
J'ai décidé de lui faire grâce de sortie, en le laissant reprendre des forces à la maison. Je l'ai nourri au bouillon de poulet et à la vitamine C, je l'ai bordé et lui ai souhaité un prompt rétablissement.
Durant ce temps, j'ai chevauché le bolide de ma mère. Qui a contracté une crevaison hier.
Je l'ai ramenée à bon port, en marchant à ses côtés, la larme à l'oeil et l'âme en peine.
Il a rejoint son compagnon blessé en expirant ses derniers centimètres cubes d'air.
Je me suis assise à leur chevet, j'ai éteint les lumières et j'ai espéré qu'ils s'en sortent.

Ce matin, pleine d'espoir, je cours retrouver les mourants et constate, avec la plus profonde tristesse qu'ils sont dans le même état critique.

Je suis maintenant dépourvue.

Les vélos sont des êtres en perte d'autonomie. Ils ont besoin de notre aide, de notre support, de notre amour.

En ravalant ma mélancolie, je suis descendue au sous-sol pour m'emparer de la trousse de chirurgien.
J'ai couché mon vélo sur le dos, je l'ai tâté, je lui ai jeté un dernier regard attendri et je me suis lancée.

Me voilà maintenant en sueurs, le toupet en l'air, les mains noires et graisseuses.
Mon vélo git toujours à mes côtés, branché sur le respirateur artificiel.

Je me vois donc dans l'obligation de considérer la dernière option : le transfert vers le privé.

mercredi 21 juillet 2010

Rigoler un brocoli

Ce soir, j'avais envie de prendre un bain et de ne manger que du brocoli.
Je n'avais pas du tout envie d'aller voir un spectacle d'humour.
Je n'aime pas les humoristes.
J'en viens à avoir mal aux muscles des sourcils à force de les froncer durant leurs prestations.
Rien de moins drôle qu'une blague répétée des centaines de fois afin que le tabarnack soit placé à l'endroit qui punch le plus.
Tant qu'à faire, lisez le derrière des boîtes de céréales ou ben les ingrédients de la soupe Lipton poulet et nouilles, pis ça va faire pareil.
Selon moi, on peut être plate de nature, ou ben drôle de nature. Si on met les gens drôles sur une scène, ils deviennent insignifiants. Les plates, eux, font les shows les plus intéressants.
Pis, criss. J'aime ben mieux avoir mal aux joues parce que j'ai passé une soirée trippante avec mes potes que parce que je me suis forcée à rire en même temps que tout le monde, aux moments clés du show, là où l'humoriste s'arrête, attendant de récolter ce que son public obnubilé lui doit.
Pis câlice. C'est ben trop un trip d'égocentriques, que d'être humoriste.
Pis c'est même pas de l'art.
C'est du divertissement.
Pour des gens de moins en moins capables d'apprécier la beauté toute simple des choses jolies.
Pour des gens qui veulent du plaisir instantané, facile, décompressant.


Je ne me suis donc pas allée voir de spectacle d'humour et j'ai mangé tout un brocoli.

La vie est bien faite.


lundi 12 juillet 2010

Les somnifères

Je n'ai pas écrit depuis un certain temps. Ce doit être parce que tout est tellement plus excitant. Ma tête est occupée avec des choses excitantes. Je préfère ma tête quand elle se comporte ainsi. Pas besoin de lui couper les ongles, elle carbure à 200 miles à l'heure. Je n'ai pourtant pas découvert de nouvelles substances et je ne suis pas en amour. C'est simplement que j'ai l'impression de tenir ma télécommande avec des gants anti-dérapants, le tout duct tapé à triple tour, avec un cadenas en stainless et velours-léopard. Il me faudrait cette impression 365 jours/année.
Même le jour de l'Halloween.
Le 31 octobre, il faut aller sonner chez les voisins pour qu'ils nous fassent peur et qu'ils nous donnent un sac de carries. Il serait préférable d'avoir des weekends de trois jours que de s'exciter pour cette fête. De toute manière, les sorcières n'existent pas et les citrouilles n'ont pas de dents. Les fêtes, c'est pour ceux qui s'ennuient. Pour ceux qui ont envie de célébrer et qui ne sont pas capables de s'inventer des raisons de fêter. On devrait leur donner un chapeau de fête coloré et leur dire "veuillez avancer vers l'arrière afin de céder le passage aux nouveaux usagers de l'autous". C'est plus sain et en plus, ça donne meilleure haleine.
J'ai envie d'écrire des niaiseries toute la nuit, de me déguiser en Gandhi, d'apprendre une phrase du Coran et d'en faire le hit rock de l'été. J'ai envie de faire le Tour de France en trottinette, de m'acheter une robe d'un grand designer, d'inventer une nouvelle recette de pâté chinois et de m'inviter dans une soirée à la SilverFactory.
Mais j'ai besoin de dormir. J'oublie toujours de faire cette chose.
C'est pour cela que tout est tellement plus excitant.
Pas besoin de revitalisant pour les cheveux épais pour dormir ni de iPod touch. Même pas besoin d'un passeport canadien pour dormir. Pas besoin de régime de retraite, pas besoin de savoir chanter. Pas besoin d'aller faire une visite à grand-maman. Pas besoin de sourire, ni de dire merci. Pas besoin d'avoir une belle carrière. Pas besoin d'aider, de donner, de se vouer à une cause. Pas besoin de comprendre. Pas besoin de se connaître. Pas besoin de s'épanouir. Pas besoin de rencontrer l'âme soeur. Pas besoin de réussir. Même pas besoin d'être heureux.
Et il y a les somnifères.
Les somnifères, c'est pour les plus coriaces.

lundi 21 juin 2010

Trajet de bus sans iPod

Constats du vendredi 25 juin, dans la 129 Côte-Ste-Catherine, iPod déchargé :

- Le monsieur à ma gauche (ressemblant fort à ce cher Wajdi Mouawad- beaucoup trop de "w" dans ce nom) lisait un document, bien concentré. À chaque phrase, il se tapait sur les cuisses ou soupirait ou fronçait les sourcils. J'adore les lecteurs expressifs.
- Il y avait aussi cette petite dame qui semblait faite en cure-dents. J'ai fermé la fenêtre craignant qu'elle se brise à cause des coups de vents. Le vent peut faire des catastrophes, on le sait bien.
- En face de moi, il y avait ce type bourré de tics. Déjà qu'un tic, ça tape s'é nerfs, 14, ça devient éprouvant pour la patience. Ce monsieur là, juste pour s'installer dans le but de lire son journal a dû passer sa main dans ses cheveux 15 fois, arranger le pli de son journal 10 fois, croiser puis décroiser ses jambes 5 fois, se râcler la gorge 12 fois, remuer son nez 30 fois, replacer son sac à ses pieds 8 fois et arranger ses lunettes une bonne vingtaine de fois. J'ai la fâcheuse habitude d'être incapable d'ignorer ce qui me tombe sur les nerfs. Je reste complètement boggée, incapable de passer à autre chose. J'ai donc passé une bonne dizaine de minutes à l'observer, probablement avec une expression pas trop chaleureuse dans la face, et en m'efforçant de ne pas pitcher son christie de journal par la fenêtre. Il a fini par sortir au coin de Mont-Royal et j'ai la certitude que pendant tout ce temps, il n'a sans doute lu que le gros titre de son article.
- Et enfin, il y avait ce mec. Je le croise toujours dans la 129. Quarantaine, yeux pâles, teint foncé. Criss. Jamais rien vu d'aussi sexy. À rester assis sur le banc, il est sexy. Et quand il lève les yeux pour regarder par la fenêtre, en fronçant légèrement le sourcil gauche... Fuck men. Impossible. Aujourd'hui, il bloquait l'accès à un siège au fond. Une dame voulait aller s'asseoir. Il ne l'avait pas vue. Lorsqu'elle l'a accosté pour passer, il s'est excusé et lui a souri. Il lui a souri. Fuck men fuck men fuck men. Paroxysme du sexyisme. Je l'aurais bouffé. Heureusement que j'avais des lunettes de soleil. Haha. Alors que je ne comprenais pas comment cela pouvait être possible, il sonne l'osti de cloche gossante pour descendre. Bing bang, la fille se réveille : C'est MON arrêt. Je confirme que sa démarche est aussi sexy que tout le reste.

On apprend autant dans un autobus que dans un cours d'anthropologie. Faut juste faire l'effort de délaisser son iPod, l'instant d'un trajet. Ça vaut vraiment la peine. Observer. On fait pas assez ça.

dimanche 20 juin 2010

Trois neurones

- C'est vraiment beau, hein, cte... heu... cte... ben ... la ... la haie ! C'est très beau.
- Ayoye. Ça s'est beaucoup amélioré ici, hein? La ... la haie là ! Wow. C'est vraiment beau, avec la haie.
- C'est très beau votre haie. Vraiment là, le heu... le... le jardin, c'est ça, le jardin... c'est vraiment beau, avec la grosse haie.
- As-tu fini l'école là, toi ?
- Pis, heu... toi... l'école est finie là, hein ?
- T'as fini l'école, toi là, c'est ça ?
- As-tu de l'école demain ?

...

La fête des pères... Avec grand-papa. Très sénile grand-papa. 3 neurones il a, le grand-papa. Fort agréable. Tous les soirs s'il-vous-plaît.


C'est tellement triste de régresser en vieillissant. C'est pas juste. Pourquoi ne devient-on pas tous de sages érudits lucides? Ça serait ben plus cool. La vie, ça devrait être comme l'animation : on arrête le jeu lorsque la courbe est à son peak. Sinon, à quoi ça sert, merde? Est-ce que ça vaut vraiment la peine de continuer à vivre pour avoir trois réflexions sur repeat toute la putain de journée?

Mes vingt ans goûtent très bon. Ce soir particulièrement.



dimanche 13 juin 2010

Processus et point final

Le résultat. Est-ce qu'on peut oublier un instant le résultat, s'il-vous-plaît, madame la Reine.
Ça peut tu pas être important, s'il-vous-plaît. Pour obtenir ce que l'on veut, il faut dire s'il-vous-plaît. Alors je le crie à vous en bouziller les tympans, madame : S'IL-VOUS-PLAÎT !
Le processus. Tout repose là-dessus. Une mouche se pose sur la jointure de mon auriculaire, la jointure repose sur le processus. Faut miser sur le processus. Les gamblers meurent jeunes. Les jeunes ont accumulé peu d'âge dans leurs boxers. L'âge ne s'accumule pas dans les boxers, mais bien dans les rides. Les esthéticiennes le disent. Elles nous badigeonnent la face de crèmes. Des crèmes pour ci, des crèmes contre ça. Des crèmes qui protègent, des crèmes qui préviennent, des crèmes qui hydratent, des crèmes qui nettoient, des crèmes qui assouplissent. Une couche, une autre, puis une autre. Ça devient tellement lourd qu'on en perd la tête.
Le processus, c'est tout. Si on arrivait à un résultat sans avoir vécu le processus, la satisfaction n'existerait pas. Et je veux qu'elle existe, s'il-vous-plaît. Je ne sais plus très bien si je m'adresse encore à cette Reine. De toute façon, qui c'est, elle ? Tiens, c'est décidé, je ne lui adresse même plus la parole. Je vais plutôt parler à Carole. Quel horrible prénom. Faudrait mettre du liquid paper là-dessus.
Faut pas, faut pas, faut pas. Faut pas avoir hâte de finir un truc pour obtenir le résultat. Le résultat, c'est souvent une friandise. Et les friandises, ça fond dans la bouche. Comme le foie de veau. Mais c'est différent.
Vivre le processus. S'en badigeonner la face. À en perdre la tête. Mais je sais qu'une sorte de scotch tape existe pour les gens qui perdent la tête. Un scotch tape sous forme de comprimés.
Un résultat, c'est un point final. C'est mal les points finaux. Faut que les projets évoluent sans cesse. Faut pas les ranger dans des boîtes, ni les considérer aboutis. Les relations, les créations, les idées. Faut pas.
Vivre le résultat, c'est comme Dolan qui s'exclame que la gang de Cannes est devenue sa famille. Criss. Ta gueule. T'es ben cute pis t'as du talent à en revendre sur le marché noir, mais ta gueule. Vis le processus, s'il-te-plaît. Madame la Reine, Carole, Xavier.
Voyez, mes cher amis, j'ai éprouvé un grand plaisir à écrire ce billet. Le processus fut agréable et surprenant, d'autant plus que The Black Keys jouait très fort tout au long de sa création et qu'un café chaud fumait à ma gauche. J'en garderai un doux souvenir. Parallèlement, je considère le résultat intéressant. Mais je ne le relirai jamais.
Madame la Reine, Carole, Xavier, restez debout et avancez. Il existe de très bons souliers de marche pour cela. Et pas sous la forme de comprimés, cette fois.

dimanche 6 juin 2010

Les taches

Je viens de renverser mon café sur mon scénario fraîchement imprimé.
J'ai ravalé ma frustration et plus je le regarde, plus je me dis qu'il est beaucoup plus joli ainsi.
Les choses sales sont souvent plus jolies que les choses propres. Les choses sales ont l'air d'avoir du vécu. Les gens trop propres ont peur de se salir et restent assis dans leur salon. Ce sont des gens plates. On se souvient beacuoup plus des fois où l'on s'est sali que des fois où l'on est restés propres. Faut salir ses baskets, faut tacher ses jeans, faut se peter la gueule, faut griffonner des notes dans les livres.

Je regarde la flaque de café depuis tantôt.
Ça doit être signe que je dois retravailler la première version.
En plus, il pleut. Parfait.

samedi 5 juin 2010

Tempête dans un verre d'eau

Je me suis levée un peu amochée de la veille.
Je suis montée en haut, j'ai mangé un pamplemousse (le décapant par excellence), j'ai feuilleté le journal d'hier (je veux habiter Coppenhague) et je me suis planquée dans le salon pour attendre que la vraie vie reprenne possession de mon corps.
Bien enfoncée dans le sofa, j'ai dû observer le verre d'eau posé sur la table devant moi au moins 20 minutes. La veille, j'avais constaté qu'une fourmi se débattait à la surface de l'eau. Elle tentait de s'agripper aux parois du verre, mais impossible ; pas assez de frottement, trop de gravité. Et ce matin, alors qu'elle m'était complètement sortie de la tête, je la retrouve, encore paniquée, essayant tant bien que mal de se sortir de cette prison miniature. Elle y a passé la nuit et moi, je suis benché là, sur mon gros sofa à la regarder s'épuiser. Je me suis relevée lnetement et j'ai versé l'eau dans l'assiette à côté. La fourmi a alors réussi à s'extirper du liquide et s'est échouée sur un des rebords. Je me suis réenfoncée dans le sofa et je l'ai observée à nouveau. Quelques minutes se sont écoulées avant qu'elle ne se remette à remuer. L'exténuation se lisait dans les mouvements ralentis de ses petites pattes. C'est là que le buzz a commencé. Les deux meilleurs buzz que j'ai vécus n'impliquaient aucune substance hallucinogène : le premier s'est passé il y environ 1 an ; j'ai regardé un vidéo sur le Deep Field du téléscope Hubble. Gros gros gros badtrip sur l'énormité inconcevable de l'univers. Le deuxième, eh ben c'était tantôt. Gros gros gros badtrip sur l'humain esclave du temps. La fourmi, c'était l'Homme, l'eau qui s'évaporait, le temps et le verre, les limites de la connaissance humaine.
J'ai comme une pulsion que je retiens depuis une heure ; je me suis duct tapé sur ma chaise pour ne pas aller exploser tous les verres de la maison.
Je veux croire que l'Homme peut tout savoir. Je ne veux pas mourir. Je veux remplir mon verre d'eau à l'infini. J'ai trop soif. Trop soif de temps. Et je suis prête à passer des nuits entières à patauger pour avoir l'impression de le contrôler le moindrement. Juste l'impression. C'mon.

Et j'ai pas faim
Et j'ai le toupet en l'air
Et j'abuse du dernier album de Plants and Animals

jeudi 3 juin 2010

Pop corn, explosions et jokes cochonnes

On s'est fait un sacré festin hier dans la cour, avec mon père, ma mère et deux de leurs amis.
Le vin a coulé a flot, on a veillé tard et ça a tourné en débat philosophique. J'adore quand les soirées tournent comme ça. Pour que tout s'enclenche, il faut plusieurs éléments :
1. Maman qui se met belle / Papa qui se met une pouiche de Giorgio Armani (signifiant que ce n'est pas un souper ordinaire)
2. Maman qui se lance dans la bouffe deux heures d'avance (signifiant que ce ne sera pas le genre de souper que l'on engloutit en 30 minutes)
3. Papa qui monte une rallonge pour la table dans la cour (signifiant qu'on sera plus que trois)
4. Une baguette encore chaude sur le comptoir (signifiant qu'il y aura des fromages après le plat principal, et encore une fois, que le souper s'étalera)
5. La jolie nappe blanche installée sur la table (seulement pour les grandes occasions)
6. Papa qui va fouiller dans ses vieux cds pour nous ressortir son stock de jeune BabyBoomer
7. Maman qui allume des lampions
8. Papa qui monte le son
9. Maman qui hurle de rire
10. Papa qui sort le porto
11. Maman qui devient saoule
12. Un sujet croustillant
Tout ça en place, et c'est gagné. Plus jeune, je fuyais ce genre de soirées et préférais sortir avec mes amis, mais aujourd'hui, je trouve ça très divertissant.
Hier, le débat de fin de soirée tournait autour de la simplicité dans l'art.
Maman défendait le réalisme sentimental avec fougue. Aujourd'hui, on manipule le temps dans l'art. En prenant le cinéma comme exemple, on peut voir que le montage peut complètement transformer une émotion. Avec des ellipses, des césures, des gros plans, des mouvements de caméra, on transforme le moment, mais on perd à la fois le réalisme de l'échange. On veut maximiser l'émotion, pour accoter le film d'action. Mais la lenteur et la simplicité du traitement rend parfois mieux les sentiments humains. Ça, je lui accorde à 100%. À bien y penser, ses courts et longs métrages suivent très bien cette optique. Elle avait beau être saoule, elle était concordante.
Mais c'est une façon de voir les choses. C'est SA démarche. Elle veut rendre mettre l'humain au premier plan, vrai, sincère, à nu. Le problème, c'est qu'aujourd'hui, les gens consomment l'art comme des sprinteurs. Ils veulent du stock efficace. Du fast-food artistique. Voir des images impressionnantes, ressentir des émotions fortes et recevoir le message tout cuit dans le bec.
Si elle veut continuer de faire des films, elle doit s'adapter au marché.
Le marché du cinéma, c'est bien simple : un cinéma fait une grande partie des profits avec le pop corn (ça coûte aaaarien à produire et ils le vendent à un prix exhorbitant). Le pop corn est principalement consommé par les clients qui vont voir des films à gros budget, populaires et plutôt légers. Les vrais cinéphiles s'en crissent du pop corn. Les vrais cinéphiles sont souvent curieux d'aller voir des fils d'auteurs ou des films étrangers et se sacrent ben de Adam Sandler. Les films d'auteurs/étrangers ne rapportent donc pas, puisque l'audience ne consomme pas de pop corn. Les cinémas ne veulent donc rien savoir des films d'auteurs. Leurs subventions sont donc amoindries, au profit des films qui plaisent à l'ensemble de la population du Québec.
On se fait baiser.
Rien à faire.
Faut-il alors se soumettre et écrire des scénarios contenant des explosions, des jokes cochonnes et Louis-José Houde comme personnage principal?
Ou être fidèle à ses convictions artistiques et risquer de ne rien tourner?
Là est tout le problème de l'artiste qui décide de gagner sa vie avec son art.
On fait de l'art populaire et par conséquent du cash, ou on crève de faim.
Maman a décidé de crever de faim.
Et je l'admire en hostie.
Même avec un verre de trop dans le sang.








lundi 31 mai 2010

Les vacances

J'ai toujours considéré les vacances comme une période d'arrêt, de repos.
En général, on est contents d'être en vacances. On les attend même avec impatience. On ferait tout pour ne pas qu'elles se terminent.
Mais j'ai décidé aujourd'hui que cette définition ne tenait plus la route.
Il faut avoir hâte aux vacances, mais il faut avoir autant hâte aux "pas-vacances", au "retour-au-je-ne-sais-quoi". Sinon, il y a un problème. Il faut aimer assez ce que l'on a choisi de faire pour être capable de dire au revoir à la farniente avec un beau gros smile dans face.
C'était quand même malade, ce trip de char aux States... J'ai la peau pleine de soleil, le bouche pleine de sel, le fond de tête plein de sable, les bras pleins de volleyball, les pieds pleins de soccer et les yeux pleins de fous rires.




vendredi 21 mai 2010

Un peu de sérieux

Les feuilles 8 et 1/2 par 11 sont lisses et bidimentionnelles.
Les fers plats ne leur sont d'aucune utilité. Pour être plus divertissantes, elles doivent serrer la main d'un fer à friser ou encore d'un japonais d'une certaine grandeur qui manipule avec aisance la fibre de bois. L'origami est un choix de vie, pour elles. C'est aussi une drôle d'activité. C'est du bricolage, mais il est interdit de coller quoi que ce soit. La grenouille en papier ne coâsse pas, le corbeau de papier ne croasse pas, mais ils tiennent debout. Rares sont les bricolages qui tiennent debout et rares sont les bricolages qui tiennent leur bout. Voilà pourquoi placer des animaux en origami dans nos chaussettes n'est pas de tout confort. Les animaux en origami ont effectivement des pointes de papier très embêtantes pour la plante de pied - le pied n'est pas un végétal. Il faudrait ne pas les mettre là. Il faudrait les mettre en un endroit autre. En un endroit de race différente. Un endroit, où il fait bon être un animal en origami. Chaque chose à sa place, que la technicienne de laboratoire dit. Tout qui bouge, tout qui change, que la professeure de chimie dit. Elle a fort probablement bu 32mL d'acide chlorhydrique en plus de 250 mL d'absinthe et elle voulait dire rien ne se perd, rien ne se crée. Malgré tout, elle est plus marante avec de l'absinthe dans les théories scientifiques. Il serait très drôle que du riz basmati recouvre son bureau. Qu'elle enseigne les orbitales, et qu'elle se prenne une poignée de temps en temps et la porte à sa bouche. Elle pourrait aussi enseigner les niveaux d'énergie en faisant des culbutes successives. Elle aurait sans doute préalablement repoussé quelques bureaux pour se faire une allée. Sans quoi, elle se cognerait la tête sur les baskets des étudiants. Et tout le monde sait que les étudiants, ça va se mettre les pieds n'importe où. Même dans les plats. J'écris des sottises ce soir, je devrais arrêter et faire don du repos à mon corps de guénille. Mais c'est plus drôle écrire la nuit que le matin. Le matin, les choses sont sérieuses. La Journée a des attentes envers le citoyen sortant du sommeil. Le début des choses est souvent plus sérieux que la fin.
D'ailleurs, si un électro-ménager qui tire à sa fin vous demande de dormir à ses côtés, envoyez-le promener. Rappelez-vous qu'ils sont des objets démunis de toute sensualité. Il est préférable de dormir avec des choses sensuelles. Les courbes sont des choses sensuelles. J'en viens au paroxysme de la conclusion logique : il faut retirer l'animal en papier des mains de l'enfant qui tente de s'endormir puis balancer le grille-pain sur la tête de son papa qui lui chante une jolie chanson, mais qui ne cesse de répéter le refrain puisqu'il ne se souvient plus des couplets. Ou peut-être n'a-t-il pas envie de se forcer. Souvent, les gens ne se forcent pas.

lundi 17 mai 2010

Omnivorace

Voilà, c'est fait.
C'est avec le coeur gros que je quitte pour de bon mon appart et mes colocs de la rue Sainte-Croix.
Malgré tout ce qu'on dit du cégep (que c'est une perte de temps et que les étudiants glandent là trop longtemps), quand tu veux pis que t'es dedans, HOSTIE QUE C'EST LFUN.
Malgré tout, il est maintenant temps de tourner la page... Parce que oui, toute bonne chose a une fin, mais criss, y'en a en sacrament des bonnes choses. Faut juste savoir jumper de l'une à l'autre au bon moment, avant que la bonne chose ne devienne plate. Faut arrêter avant que la dérivée de la courbe du fun ne devienne négative ou même nulle.
J'ai donc maintenant un DEC en sciences de la nature dans ma poche gauche et un DEC en arts plastiques dans ma poche droite.
J'ai toujours été incapable de trancher entre les arts et les sciences. Et je me suis toujours rongé les ongles, les métacarpes, les carpes, le cubitus et je me suis même rendue jusqu'à l'humérus lorsqu'il s'agissait de m'orienter vers l'un ou l'autre. Mission impossible. Je changeais d'idée à chaque jour.
Étrangement, depuis quelques mois, j'ai complètement arrêté de m'en faire avec ça. Ça a permis à mes os de repousser.
J'ai réalisé que je n'avais pas à délaisser l'un pour me consacrer à l'autre. Contrairement à ce que tout le monde pense, c'est complémentaire ces deux affaires-là.
J'ai la certitude que peu importe ce que je vais faire, je vais sortir un peu du contenu de ma poche droite et le mélanger à celui de ma poche gauche et vice versa. En fait, à bien y penser, faudrait que je m'achète cette horreur vestimentaire que sont les pantalons cargos, ce tissus pour jambes muni de trilliards de poches. C'est pas parce que jusqu'à 20 ans, j'ai été fascinée par les arts et les sciences, que je vais me contenter de bouffer juste ça jusqu'à ma mort. Après tout, je suis un homo sapiens. Et les homo sapiens sont omnivores.


ouellet en minuscule

Les titres en wordart, c'est retardé ; les drapeaux des canadiens sur les chars, c'est retardé ; les post-it en forme de coeur, c'est retardé ; les bandes dessinées mangas, c'est retardé ; les faux ongles, c'est retardé ; les téléréalités, c'est retardé ; Harper est retardé ; 96,9 cKoi c'est retardé ; Loto Québec, c'est retardé ; les seedoo, c'est retardé. Mais j'ai jamais rien vu d'aussi retardé que chose ouellet. J'ai même pas envie de lui mettre une lettre majuscule.

samedi 15 mai 2010

Les vieilles affaires

Desfois, c'est l'fun de ressortir de vieux disques.
Comme marcher sur un vieux plancher qui craque.
Comme porter un vieux cotton ouaté usé.
Comme lire un vieux livre jauni.
Comme s'accoter sur un vieil arbre.
Comme revoir de vieux amis.

Aujourd'hui, je feel "sépia".

mardi 11 mai 2010

Deuxième cabine en partant du fond

Les toilettes de la grande salle du cégep de St-Laurent sont bien plus que de simples toilettes publiques. On y retrouve autant des graffitis vraiment retardés que des petits bijoux de dessins, des revendications utopiques, du chiâlage, des citations de Rihana, mais aussi de Nietzsche, des confidences, des déclarations d'amour, des jokes, des clins d'oeil, de la philosophie à deux cennes, mais aussi à 1000 piasses.
Un beau fouillis chaotique, mais oh combien vivant et coloré.


Et il a y cette phrase dans la deuxième cabine en partant du fond. Juste en dessous du distributeur à papier de toilette:
" Si tu savais comme c'est cruel toutes ces rues qui bifurquent et cette peur de choisir celle où tu n'es pas." - Tonino Benaquista








dimanche 9 mai 2010

Réflexion procrastinante

Je parlais avec un gars hier.
Il me disait que la musique populaire abrutissait les gens. Que l'on s'habituait au "facile" du bon beat et de la bonne mélodie et que ça restreignait notre réceptivité aux différents genres. Qu'elle nivelait vers le bas l'appréciation de la "vraie musique". Et moi de lui demander quelle était selon lui cette "vraie musique". Et lui de me répondre : " Voyons Odile, celle qui offre le plus de possibilités : la musique classique !".
Alors que je n'étais en accord avec aucun des premiers points qu'il soulevait, j'ai été charmée par le concept de possibilités multiples.
J'ai terminé ma réflexion sur le chemin du retour de cette soirée particulière, à 4h du matin, dans les rues désertes d'un Montréal crispé par le vent et la neige. Ce Montréal-là, il me plaît autant que le Montréal agité des chaudes soirées festivalesques d'été. C'est son petit côté grognon. J'adore le silence de Montréal à 4h du matin. Cette heure suspendue entre deux, qui succède le moment où les pitounes au teint orange quittent les clubs et qui précède le lever de René Homier-Roy. C'est l'heure transitoire par excellence.
J'en étais donc à reconsidérer cette histoire de possibilités multiples.
Est-ce que la liberté qu'offre un domaine/courant artistique le rend supérieur à un autre ?
Si je recontextualise, ce serait comme dire que la sculpture est un art plus "vrai" que la peinture parce que le sculpteur peut s'approprier les trois dimensions de l'espace alors que le peintre est restreint par la deuxième dimension.
Je pense que les contraintes en art ne sont pas à proscrire au nom de l'expressivité. Sans contrainte, on atteindrait un chaos insipide. La tendance actuelle qui dicte que l'artiste doit sortir son jus, sans censure, sans nécessairement de structure ni de démarche pour ne pas brimer l'expression est selon moi complètement absurde. Cet acte libérateur a sans aucun doute sa raison d'être, mais je le classerais davantage dans la section "psychologie de l'épanouissement, du développement personnel et de la conscience individuelle" que dans celle de l'Art.
Il faut distinguer besoin d'expression et création artistique.
La création artistique sous-entend selon moi une démarche quelconque. Or, je soutiens que cette fameuse démarche doit transparaître au travers de l'oeuvre. De cette manière, l'oeuvre est habitée par l'artiste. La couleur, le pierre, le corps ne sont plus que matière manipulée, mais bien matière appropriée. Il faut une sensibilité particulière pour être capable de transposer une idée, une impression ou un sentiment à travers un médium extérieur, que ce soit le corps du danseur, le pinceau du peintre ou l'instrument du musicien. C'est cette sensibilité qui fait d'un créateur, un artiste.
En fait, l'Art, c'est de la traduction.
Plus les possibilités concrètes sont multiples, plus la complexité de la pensée peut être traduite de manière authentique.
Alors, Greg, je me rends.

Je ne sais pas pourquoi il me vient à l'esprit de partir sur des idées de même alors que j'ai une semaine de malade mental qui s'en vient, bien gorgée d'examens et de projets à remettre...




vendredi 7 mai 2010

Religion géométrique

Quand c'est plate, on peut toujours se dire que la ligne droite est une très belle chose.
La ligne droite, même si on a la tête à l'envers, reste droite. Pas comme la lettre U qui délaisse son gentil sourire avenant pour exposer une moue ennuyeuse. On peut faire confiance à la ligne droite. Elle est constante et fidèle à sa définition, peu importe le contexte. Les plus pointilleux mentionneront qu'il est théoriquement impossible de voir une vraie ligne droite puisqu'elle se résume à être le concept d'un alignement infini de points. Mais d'autres répliqueront que fuck off tant que c'est drette, ça fait l'affaire. Pour les plus sensibles, elle peut s'éloigner légèrement de sa vie rangée et opter pour une vie plus tumultueuse : celle de ligne droite à main levée. La ligne droite à main levée, c'est la rigueur mathématique altérée par la subjectivité biologique. C'est la rationalité, mais avec du piquant, de l'expressivité et de la personnalité. Elle est maladroite, mais attachante. La ligne droite à main levée, c'est l'Homme qui essaie de bien faire. C'est l'Homme qui cherche à atteindre la vérité ou encore le bonheur. Certains ont un trait plus assuré, d'autres hésitent ou tremblent. Certains appuient fort sur leur sharpie, d'autres sont plus timides et choisissent le HB. J'aime penser que l'Homme tend vers la ligne droite, même si chaque jour, je me dois de conclure que c'est plutôt la fonction sinusoïdale qui lui convient.

Si Dieu existe, il est probablement une ligne droite.