Constats du vendredi 25 juin, dans la 129 Côte-Ste-Catherine, iPod déchargé :
- Le monsieur à ma gauche (ressemblant fort à ce cher Wajdi Mouawad- beaucoup trop de "w" dans ce nom) lisait un document, bien concentré. À chaque phrase, il se tapait sur les cuisses ou soupirait ou fronçait les sourcils. J'adore les lecteurs expressifs.
- Il y avait aussi cette petite dame qui semblait faite en cure-dents. J'ai fermé la fenêtre craignant qu'elle se brise à cause des coups de vents. Le vent peut faire des catastrophes, on le sait bien.
- En face de moi, il y avait ce type bourré de tics. Déjà qu'un tic, ça tape s'é nerfs, 14, ça devient éprouvant pour la patience. Ce monsieur là, juste pour s'installer dans le but de lire son journal a dû passer sa main dans ses cheveux 15 fois, arranger le pli de son journal 10 fois, croiser puis décroiser ses jambes 5 fois, se râcler la gorge 12 fois, remuer son nez 30 fois, replacer son sac à ses pieds 8 fois et arranger ses lunettes une bonne vingtaine de fois. J'ai la fâcheuse habitude d'être incapable d'ignorer ce qui me tombe sur les nerfs. Je reste complètement boggée, incapable de passer à autre chose. J'ai donc passé une bonne dizaine de minutes à l'observer, probablement avec une expression pas trop chaleureuse dans la face, et en m'efforçant de ne pas pitcher son christie de journal par la fenêtre. Il a fini par sortir au coin de Mont-Royal et j'ai la certitude que pendant tout ce temps, il n'a sans doute lu que le gros titre de son article.
- Et enfin, il y avait ce mec. Je le croise toujours dans la 129. Quarantaine, yeux pâles, teint foncé. Criss. Jamais rien vu d'aussi sexy. À rester assis sur le banc, il est sexy. Et quand il lève les yeux pour regarder par la fenêtre, en fronçant légèrement le sourcil gauche... Fuck men. Impossible. Aujourd'hui, il bloquait l'accès à un siège au fond. Une dame voulait aller s'asseoir. Il ne l'avait pas vue. Lorsqu'elle l'a accosté pour passer, il s'est excusé et lui a souri. Il lui a souri. Fuck men fuck men fuck men. Paroxysme du sexyisme. Je l'aurais bouffé. Heureusement que j'avais des lunettes de soleil. Haha. Alors que je ne comprenais pas comment cela pouvait être possible, il sonne l'osti de cloche gossante pour descendre. Bing bang, la fille se réveille : C'est MON arrêt. Je confirme que sa démarche est aussi sexy que tout le reste.
On apprend autant dans un autobus que dans un cours d'anthropologie. Faut juste faire l'effort de délaisser son iPod, l'instant d'un trajet. Ça vaut vraiment la peine. Observer. On fait pas assez ça.
