samedi 30 octobre 2010

La page blanche

Première neige.
Ça me donne envie de laisser mon festif-tempérament de côté et de me câlisser de l'Halloween en ce samedi 30 octobre.
Je sens un petit air de solitaire sur ma face pas de maquillage et un petit air d'énergie absente sur mon corps pas de costume. Parfait pour écrire. Maintenant que mon petit dernier court-métrage est sur le point de laisser entrevoir ses premières dents le lait, je peux me relancer dans un autre projet. J'ai un an top chrono pour écrire mon nouveau bébé. La page blanche m'excite plus qu'autre chose. C'est un syndrôme fort agréable, à mon avis. Être ébloui par les possibilités. C'est un peu comme être jeune. J'ai lu dernièrement dans un roman de Kundera (Kundera, criss. Wow de wow.) que la jeunesse était une valeur plus qu'un état d'âge. J'aime ça. Je prends et je mets dans ma pochette de valeurs. Odile Gamache ne sera jamais vieille, merci, bonsoir. Ça me fait pas peur, les rides. C'est de perdre mon amour pour le syndrôme de la page blanche qui me fait le plus peur. D'avancer dans l'entonnoir des possibilités qui rétrécit. Le genre de robot-machin dans Le Magicien d'Oz a un entonoir sur la tête. Et son visage est argent. Je me demande si le mot argent vient du fait que l'argent était la couleur de l'argent ou l'inverse. Cela n'a pas beaucoup d'importance, considérant que l'humain détruit l'environnement et que l'économie domine le monde. Ça non plus n'a aucune importance, considérant le fait qu'on ne sait même pas si nous sommes seuls dans l'univers. Et ensuite, en quoi l'inventeur du plat tupperware peut-il être fier.
J'ai la pire tête ; 20000 idées me traversent l'esprit par seconde, mais je ne suis pas capable d'en attraper une et de la développer à 100%. Je suis un redbull cérébral et c'est fort ennuyeux. Je crois que j'aurais besoin d'être seule devant un paysage mort, immobile, silencieux pour quelques semaines. Je disposerais à ma gauche un filet à papillon et à ma droite un petit bocal. Je m'assoierais en indien, parce que ça fait plus sérieux lorsqu'on parle du monde des idées. J'ouvrirais grand mes yeux, mais je ne verrais pas vraiment le paysage. Je verrais mon redbull-cerveau dénudé, sans même son caleçon. Et le paysage immobile annesthésierait mes idées une à une. Elles gèleraient lentement devant mes yeux. Je prendrais alors mon filet à papillons et je sélectionnerais celles qui me paraîtraient amusantes, jolies, ingénieuses ou originales. Je poserais alors sur mon nez de grosses lunettes bien lourdes et classerais le tout, avec la plus minutieuse attention. Et lorsque tout me paraîtrait en ordre, je quitterais le paysage immobile, en ne laissant aucune trace. De cette manière, je pourrais envoyer d'autres redbull-cerveaux-amis en cure. Et je construirais des condos dans mon joli paysage pour que plus de redbull-cerveaux-amis se soignent. Et j'implanterais une chaîne de restauration sympa pour que la cure soit des plus agréable. Mais certains sont difficiles lorsqu'il est question de nourriture. Alors je ferais débarquer un McDo qui ferais jouer cKoi très fort pour déranger les redbull-cerveaux-amis. Et un centre d'achat s'imposerait de lui-même, parce que les humains ne peuvent pas vivre dans le silence de leurs pensées ; ils doivent être divertis et dépenser. De toute façon, c'est mal de penser. C'est mieux dépenser. Sans cela, on pourrait avoir des idées.
Ne distribuez surtout pas de pages blanches aux citoyens, dirigeants. Surtout pas.
Noircissez tout ce qui est blanc.

1 commentaire:

  1. Ah, le syndrome du "Hier, j'ai ajouté une virgule. Ce matin, je l'ai enlevée..." La bataille mentale de l'artiste :-)

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