lundi 31 mai 2010

Les vacances

J'ai toujours considéré les vacances comme une période d'arrêt, de repos.
En général, on est contents d'être en vacances. On les attend même avec impatience. On ferait tout pour ne pas qu'elles se terminent.
Mais j'ai décidé aujourd'hui que cette définition ne tenait plus la route.
Il faut avoir hâte aux vacances, mais il faut avoir autant hâte aux "pas-vacances", au "retour-au-je-ne-sais-quoi". Sinon, il y a un problème. Il faut aimer assez ce que l'on a choisi de faire pour être capable de dire au revoir à la farniente avec un beau gros smile dans face.
C'était quand même malade, ce trip de char aux States... J'ai la peau pleine de soleil, le bouche pleine de sel, le fond de tête plein de sable, les bras pleins de volleyball, les pieds pleins de soccer et les yeux pleins de fous rires.




vendredi 21 mai 2010

Un peu de sérieux

Les feuilles 8 et 1/2 par 11 sont lisses et bidimentionnelles.
Les fers plats ne leur sont d'aucune utilité. Pour être plus divertissantes, elles doivent serrer la main d'un fer à friser ou encore d'un japonais d'une certaine grandeur qui manipule avec aisance la fibre de bois. L'origami est un choix de vie, pour elles. C'est aussi une drôle d'activité. C'est du bricolage, mais il est interdit de coller quoi que ce soit. La grenouille en papier ne coâsse pas, le corbeau de papier ne croasse pas, mais ils tiennent debout. Rares sont les bricolages qui tiennent debout et rares sont les bricolages qui tiennent leur bout. Voilà pourquoi placer des animaux en origami dans nos chaussettes n'est pas de tout confort. Les animaux en origami ont effectivement des pointes de papier très embêtantes pour la plante de pied - le pied n'est pas un végétal. Il faudrait ne pas les mettre là. Il faudrait les mettre en un endroit autre. En un endroit de race différente. Un endroit, où il fait bon être un animal en origami. Chaque chose à sa place, que la technicienne de laboratoire dit. Tout qui bouge, tout qui change, que la professeure de chimie dit. Elle a fort probablement bu 32mL d'acide chlorhydrique en plus de 250 mL d'absinthe et elle voulait dire rien ne se perd, rien ne se crée. Malgré tout, elle est plus marante avec de l'absinthe dans les théories scientifiques. Il serait très drôle que du riz basmati recouvre son bureau. Qu'elle enseigne les orbitales, et qu'elle se prenne une poignée de temps en temps et la porte à sa bouche. Elle pourrait aussi enseigner les niveaux d'énergie en faisant des culbutes successives. Elle aurait sans doute préalablement repoussé quelques bureaux pour se faire une allée. Sans quoi, elle se cognerait la tête sur les baskets des étudiants. Et tout le monde sait que les étudiants, ça va se mettre les pieds n'importe où. Même dans les plats. J'écris des sottises ce soir, je devrais arrêter et faire don du repos à mon corps de guénille. Mais c'est plus drôle écrire la nuit que le matin. Le matin, les choses sont sérieuses. La Journée a des attentes envers le citoyen sortant du sommeil. Le début des choses est souvent plus sérieux que la fin.
D'ailleurs, si un électro-ménager qui tire à sa fin vous demande de dormir à ses côtés, envoyez-le promener. Rappelez-vous qu'ils sont des objets démunis de toute sensualité. Il est préférable de dormir avec des choses sensuelles. Les courbes sont des choses sensuelles. J'en viens au paroxysme de la conclusion logique : il faut retirer l'animal en papier des mains de l'enfant qui tente de s'endormir puis balancer le grille-pain sur la tête de son papa qui lui chante une jolie chanson, mais qui ne cesse de répéter le refrain puisqu'il ne se souvient plus des couplets. Ou peut-être n'a-t-il pas envie de se forcer. Souvent, les gens ne se forcent pas.

lundi 17 mai 2010

Omnivorace

Voilà, c'est fait.
C'est avec le coeur gros que je quitte pour de bon mon appart et mes colocs de la rue Sainte-Croix.
Malgré tout ce qu'on dit du cégep (que c'est une perte de temps et que les étudiants glandent là trop longtemps), quand tu veux pis que t'es dedans, HOSTIE QUE C'EST LFUN.
Malgré tout, il est maintenant temps de tourner la page... Parce que oui, toute bonne chose a une fin, mais criss, y'en a en sacrament des bonnes choses. Faut juste savoir jumper de l'une à l'autre au bon moment, avant que la bonne chose ne devienne plate. Faut arrêter avant que la dérivée de la courbe du fun ne devienne négative ou même nulle.
J'ai donc maintenant un DEC en sciences de la nature dans ma poche gauche et un DEC en arts plastiques dans ma poche droite.
J'ai toujours été incapable de trancher entre les arts et les sciences. Et je me suis toujours rongé les ongles, les métacarpes, les carpes, le cubitus et je me suis même rendue jusqu'à l'humérus lorsqu'il s'agissait de m'orienter vers l'un ou l'autre. Mission impossible. Je changeais d'idée à chaque jour.
Étrangement, depuis quelques mois, j'ai complètement arrêté de m'en faire avec ça. Ça a permis à mes os de repousser.
J'ai réalisé que je n'avais pas à délaisser l'un pour me consacrer à l'autre. Contrairement à ce que tout le monde pense, c'est complémentaire ces deux affaires-là.
J'ai la certitude que peu importe ce que je vais faire, je vais sortir un peu du contenu de ma poche droite et le mélanger à celui de ma poche gauche et vice versa. En fait, à bien y penser, faudrait que je m'achète cette horreur vestimentaire que sont les pantalons cargos, ce tissus pour jambes muni de trilliards de poches. C'est pas parce que jusqu'à 20 ans, j'ai été fascinée par les arts et les sciences, que je vais me contenter de bouffer juste ça jusqu'à ma mort. Après tout, je suis un homo sapiens. Et les homo sapiens sont omnivores.


ouellet en minuscule

Les titres en wordart, c'est retardé ; les drapeaux des canadiens sur les chars, c'est retardé ; les post-it en forme de coeur, c'est retardé ; les bandes dessinées mangas, c'est retardé ; les faux ongles, c'est retardé ; les téléréalités, c'est retardé ; Harper est retardé ; 96,9 cKoi c'est retardé ; Loto Québec, c'est retardé ; les seedoo, c'est retardé. Mais j'ai jamais rien vu d'aussi retardé que chose ouellet. J'ai même pas envie de lui mettre une lettre majuscule.

samedi 15 mai 2010

Les vieilles affaires

Desfois, c'est l'fun de ressortir de vieux disques.
Comme marcher sur un vieux plancher qui craque.
Comme porter un vieux cotton ouaté usé.
Comme lire un vieux livre jauni.
Comme s'accoter sur un vieil arbre.
Comme revoir de vieux amis.

Aujourd'hui, je feel "sépia".

mardi 11 mai 2010

Deuxième cabine en partant du fond

Les toilettes de la grande salle du cégep de St-Laurent sont bien plus que de simples toilettes publiques. On y retrouve autant des graffitis vraiment retardés que des petits bijoux de dessins, des revendications utopiques, du chiâlage, des citations de Rihana, mais aussi de Nietzsche, des confidences, des déclarations d'amour, des jokes, des clins d'oeil, de la philosophie à deux cennes, mais aussi à 1000 piasses.
Un beau fouillis chaotique, mais oh combien vivant et coloré.


Et il a y cette phrase dans la deuxième cabine en partant du fond. Juste en dessous du distributeur à papier de toilette:
" Si tu savais comme c'est cruel toutes ces rues qui bifurquent et cette peur de choisir celle où tu n'es pas." - Tonino Benaquista








dimanche 9 mai 2010

Réflexion procrastinante

Je parlais avec un gars hier.
Il me disait que la musique populaire abrutissait les gens. Que l'on s'habituait au "facile" du bon beat et de la bonne mélodie et que ça restreignait notre réceptivité aux différents genres. Qu'elle nivelait vers le bas l'appréciation de la "vraie musique". Et moi de lui demander quelle était selon lui cette "vraie musique". Et lui de me répondre : " Voyons Odile, celle qui offre le plus de possibilités : la musique classique !".
Alors que je n'étais en accord avec aucun des premiers points qu'il soulevait, j'ai été charmée par le concept de possibilités multiples.
J'ai terminé ma réflexion sur le chemin du retour de cette soirée particulière, à 4h du matin, dans les rues désertes d'un Montréal crispé par le vent et la neige. Ce Montréal-là, il me plaît autant que le Montréal agité des chaudes soirées festivalesques d'été. C'est son petit côté grognon. J'adore le silence de Montréal à 4h du matin. Cette heure suspendue entre deux, qui succède le moment où les pitounes au teint orange quittent les clubs et qui précède le lever de René Homier-Roy. C'est l'heure transitoire par excellence.
J'en étais donc à reconsidérer cette histoire de possibilités multiples.
Est-ce que la liberté qu'offre un domaine/courant artistique le rend supérieur à un autre ?
Si je recontextualise, ce serait comme dire que la sculpture est un art plus "vrai" que la peinture parce que le sculpteur peut s'approprier les trois dimensions de l'espace alors que le peintre est restreint par la deuxième dimension.
Je pense que les contraintes en art ne sont pas à proscrire au nom de l'expressivité. Sans contrainte, on atteindrait un chaos insipide. La tendance actuelle qui dicte que l'artiste doit sortir son jus, sans censure, sans nécessairement de structure ni de démarche pour ne pas brimer l'expression est selon moi complètement absurde. Cet acte libérateur a sans aucun doute sa raison d'être, mais je le classerais davantage dans la section "psychologie de l'épanouissement, du développement personnel et de la conscience individuelle" que dans celle de l'Art.
Il faut distinguer besoin d'expression et création artistique.
La création artistique sous-entend selon moi une démarche quelconque. Or, je soutiens que cette fameuse démarche doit transparaître au travers de l'oeuvre. De cette manière, l'oeuvre est habitée par l'artiste. La couleur, le pierre, le corps ne sont plus que matière manipulée, mais bien matière appropriée. Il faut une sensibilité particulière pour être capable de transposer une idée, une impression ou un sentiment à travers un médium extérieur, que ce soit le corps du danseur, le pinceau du peintre ou l'instrument du musicien. C'est cette sensibilité qui fait d'un créateur, un artiste.
En fait, l'Art, c'est de la traduction.
Plus les possibilités concrètes sont multiples, plus la complexité de la pensée peut être traduite de manière authentique.
Alors, Greg, je me rends.

Je ne sais pas pourquoi il me vient à l'esprit de partir sur des idées de même alors que j'ai une semaine de malade mental qui s'en vient, bien gorgée d'examens et de projets à remettre...




vendredi 7 mai 2010

Religion géométrique

Quand c'est plate, on peut toujours se dire que la ligne droite est une très belle chose.
La ligne droite, même si on a la tête à l'envers, reste droite. Pas comme la lettre U qui délaisse son gentil sourire avenant pour exposer une moue ennuyeuse. On peut faire confiance à la ligne droite. Elle est constante et fidèle à sa définition, peu importe le contexte. Les plus pointilleux mentionneront qu'il est théoriquement impossible de voir une vraie ligne droite puisqu'elle se résume à être le concept d'un alignement infini de points. Mais d'autres répliqueront que fuck off tant que c'est drette, ça fait l'affaire. Pour les plus sensibles, elle peut s'éloigner légèrement de sa vie rangée et opter pour une vie plus tumultueuse : celle de ligne droite à main levée. La ligne droite à main levée, c'est la rigueur mathématique altérée par la subjectivité biologique. C'est la rationalité, mais avec du piquant, de l'expressivité et de la personnalité. Elle est maladroite, mais attachante. La ligne droite à main levée, c'est l'Homme qui essaie de bien faire. C'est l'Homme qui cherche à atteindre la vérité ou encore le bonheur. Certains ont un trait plus assuré, d'autres hésitent ou tremblent. Certains appuient fort sur leur sharpie, d'autres sont plus timides et choisissent le HB. J'aime penser que l'Homme tend vers la ligne droite, même si chaque jour, je me dois de conclure que c'est plutôt la fonction sinusoïdale qui lui convient.

Si Dieu existe, il est probablement une ligne droite.

mercredi 5 mai 2010

Trip visuel de la semaine

Wolfgang Tillmans, mes amis :







J’ai toujours été fascinée par la délicatesse et par la légèreté des toiles de Wolfgang Tillmans.

La couleur en suspension dans cet espace indescriptible, la matière qui semble avoir pris le dessus sur le geste humain, la couleur qui paraît s’animer et danser au ralenti dans un liquide lourd et visqueux...

Ça me donne envie de ne plus avoir de masse et d'écouter du Satie dans une pièce remplie de tissus doux, là où l'alphabet n'existe pas.


mardi 4 mai 2010

Les choses optionnelles.

La facultativité du sommeil est temporaire.
Mais on est jeunes, il faut en abuser.


samedi 1 mai 2010

Leçon de lecture

Parfois, je me rends compte que je ne sais plus lire.
Je lis le journal, un article me choque, je passe au prochain.
Je lis un roman, une phrase me touche, je lis la suivante.
Je lis trop vite. Je ne m'approprie plus ce que je lis.
J'engouffre les mots sans les mastiquer. Sans laisser le temps aux lettres arômatiques de remonter jusqu'à mon nez. J'avale tout rond et je le regrette après. Mais la digestion est entammée et c'est trop tard.
C'est peut-être que je me dis qu'il y a trop à lire pour s'arrêter à tout bout de champ...
Mais ça sert à quoi d'engloutir des kilos de crème glacée si on ne prend pas le temps d'apprécier l'onctuosité de la crème et les petits bouts de chocolat dissimulés?
Je l'sais ben pas.
J'ai peut-être besoin de vacances. J'ai peut-être la terrible maladie du lecteur passif.
C'est décidé ; aujourd'hui je retourne à la maternelle avant qu'il ne soit trop tard.