Le résultat. Est-ce qu'on peut oublier un instant le résultat, s'il-vous-plaît, madame la Reine.
Ça peut tu pas être important, s'il-vous-plaît. Pour obtenir ce que l'on veut, il faut dire s'il-vous-plaît. Alors je le crie à vous en bouziller les tympans, madame : S'IL-VOUS-PLAÎT !
Le processus. Tout repose là-dessus. Une mouche se pose sur la jointure de mon auriculaire, la jointure repose sur le processus. Faut miser sur le processus. Les gamblers meurent jeunes. Les jeunes ont accumulé peu d'âge dans leurs boxers. L'âge ne s'accumule pas dans les boxers, mais bien dans les rides. Les esthéticiennes le disent. Elles nous badigeonnent la face de crèmes. Des crèmes pour ci, des crèmes contre ça. Des crèmes qui protègent, des crèmes qui préviennent, des crèmes qui hydratent, des crèmes qui nettoient, des crèmes qui assouplissent. Une couche, une autre, puis une autre. Ça devient tellement lourd qu'on en perd la tête.
Le processus, c'est tout. Si on arrivait à un résultat sans avoir vécu le processus, la satisfaction n'existerait pas. Et je veux qu'elle existe, s'il-vous-plaît. Je ne sais plus très bien si je m'adresse encore à cette Reine. De toute façon, qui c'est, elle ? Tiens, c'est décidé, je ne lui adresse même plus la parole. Je vais plutôt parler à Carole. Quel horrible prénom. Faudrait mettre du liquid paper là-dessus.
Faut pas, faut pas, faut pas. Faut pas avoir hâte de finir un truc pour obtenir le résultat. Le résultat, c'est souvent une friandise. Et les friandises, ça fond dans la bouche. Comme le foie de veau. Mais c'est différent.
Vivre le processus. S'en badigeonner la face. À en perdre la tête. Mais je sais qu'une sorte de scotch tape existe pour les gens qui perdent la tête. Un scotch tape sous forme de comprimés.
Un résultat, c'est un point final. C'est mal les points finaux. Faut que les projets évoluent sans cesse. Faut pas les ranger dans des boîtes, ni les considérer aboutis. Les relations, les créations, les idées. Faut pas.
Vivre le résultat, c'est comme Dolan qui s'exclame que la gang de Cannes est devenue sa famille. Criss. Ta gueule. T'es ben cute pis t'as du talent à en revendre sur le marché noir, mais ta gueule. Vis le processus, s'il-te-plaît. Madame la Reine, Carole, Xavier.
Voyez, mes cher amis, j'ai éprouvé un grand plaisir à écrire ce billet. Le processus fut agréable et surprenant, d'autant plus que The Black Keys jouait très fort tout au long de sa création et qu'un café chaud fumait à ma gauche. J'en garderai un doux souvenir. Parallèlement, je considère le résultat intéressant. Mais je ne le relirai jamais.
Madame la Reine, Carole, Xavier, restez debout et avancez. Il existe de très bons souliers de marche pour cela. Et pas sous la forme de comprimés, cette fois.

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