Mon école, c'est Poudlard.
Et mes professeurs, ce sont des master-king-best-of-the-west.
Et les étudiants sont top-fun-allumés-intéressés-wow-miam.
Et c'est situé à 15-minutes-de-vélo-impossible-contente-bravo.
Et il y a de vieux-pleins-de-vie-planchers-en-bois-beaux-qui-craquent.
Et j'ai jamais autant eu envie d'apprendre-de-me-pousser-go-go-go-power-ranger-you-can-do-it-push-it-further-donne-toi-à-fond-mets-ton-110%.
Et aujourd'hui, j'ai fait du modèle nu tout l'avant-midi.
Mon professeur, le célèbre peintre François Vincent, nous parlait de la lumière, en détachant chaque mot, comme pour ne pas la blesser, comme pour lui rendre honneur, comme pour s'assurer de lui donner tout les bons qualificatifs qu'elle mérite. D'un geste lent, il désignait un triangle de lumière sur la cuisse de la femme nue qui ne bougeait pas. Il nous parlait lentement, sans nous regarder, comme hypnotisé par ce petit triangle. Il nous expliquait que le but ultime du dessinateur était de comprendre avec les yeux. Il ne faut voir que la forme, l'ombre, la lumière et la couleur. Rien d'autre. Il était là, devant nous, à faire sa déclaration d'amour à la lumière et je le trouvais tellement touchant. J'avais l'impression d'être devant un grand philosophe.
Il y a quelque chose d'immensément apaisant dans le dessin d'observation.
C'est une forme de méditation très profonde.
Être capable d'avoir accès à la réalité visuelle et non conceptuelle des choses n'est pas donné à tout le monde. Certains sont beaucoup trop rationnels pour cela. C'est dommage.
Parce que, entre nous, le dessin est une forme de méditation beaucoup plus accessible que de tenter d'atteindre le nirvana en ne pensant à rien.
Même pas besoin de se raser la tête ni de porter une couche, en plus de ça.
Il faut juste flirter avec la lumière.
Puis, avec la pratique et l'entêtement, peut-être qu'elle acceptera un souper en tête-à-tête.

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