vendredi 7 mai 2010

Religion géométrique

Quand c'est plate, on peut toujours se dire que la ligne droite est une très belle chose.
La ligne droite, même si on a la tête à l'envers, reste droite. Pas comme la lettre U qui délaisse son gentil sourire avenant pour exposer une moue ennuyeuse. On peut faire confiance à la ligne droite. Elle est constante et fidèle à sa définition, peu importe le contexte. Les plus pointilleux mentionneront qu'il est théoriquement impossible de voir une vraie ligne droite puisqu'elle se résume à être le concept d'un alignement infini de points. Mais d'autres répliqueront que fuck off tant que c'est drette, ça fait l'affaire. Pour les plus sensibles, elle peut s'éloigner légèrement de sa vie rangée et opter pour une vie plus tumultueuse : celle de ligne droite à main levée. La ligne droite à main levée, c'est la rigueur mathématique altérée par la subjectivité biologique. C'est la rationalité, mais avec du piquant, de l'expressivité et de la personnalité. Elle est maladroite, mais attachante. La ligne droite à main levée, c'est l'Homme qui essaie de bien faire. C'est l'Homme qui cherche à atteindre la vérité ou encore le bonheur. Certains ont un trait plus assuré, d'autres hésitent ou tremblent. Certains appuient fort sur leur sharpie, d'autres sont plus timides et choisissent le HB. J'aime penser que l'Homme tend vers la ligne droite, même si chaque jour, je me dois de conclure que c'est plutôt la fonction sinusoïdale qui lui convient.

Si Dieu existe, il est probablement une ligne droite.

4 commentaires:

  1. "Au nom du sinus, du cosinus et de la tangente... que l'angle opposé sur l'hypoténuse soit avec vous."

    (à l'unisson)
    "Et avec votre deux π rad."

    "Chantons maintenant ensemble l'hymne de Pythagore..."

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  2. En tous cas, dans ta caboche, il se passe des choses qui me stimulent pas à peu près! Et si toutes nos vies étaient des droites, elles n'auraient qu'une seule et unique occasion de se croiser. En ce sens, je me dois d'acquiescer que les lignes courbes nous conviennent mieux. Autrement, j'entreprendrais souvent de dévier mon trait de sa trajectoire rectiligne, rapprochant mon stylo bille de tes coups de pinceaux allègrement et sans retenue ;)

    Philippe, merci pour ces douces prières.

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  3. Jean-François, nous sommes des barbos superposés et décalés de pi rad, pour assurer davantage de croisements. Rien de moins.

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  4. À noter : Barbos, ici, n'a pas la connotation négative de "dessin d'enfant raté", mais plutôt "d'amoncellement de croisements de lignes aléatoires". HA.

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