jeudi 21 avril 2011

les Grands Artistes

L'envie nous prend d'écrire. Ça nous pogne de même. "Tiens, j'ai quelque chose à dire ce soir". Puis, l'on tente d'atteindre l'État. Celui-là, oui oui. L'État sacré de la Création, avec un grand C. On choisit un disque dans la pile à notre droite. Un disque un peu depress, parce qu'on sait tous que pour atteindre cet État, il faut fermer facebook, se sortir les séries de la tête et oublier les jolis garçons pour glisser dans ce monde trash. Faut produire du profond, du heavy, de l'instinctif. Les gens aiment les choses profondes, heavy et instinctives. Être torturé, c'est artistique. Les Grands Artistes se suicident. Les Grands Artistes ont la vie dure.

Les tunes joyeuses sont bonnes pendant deux mois alors que les les tunes heavy nous collent à la peau des années. On a besoin de notes noires. La gamme de Do, c'est trop léger. Il faut que ça grince. On a besoin d'extérioriser toute cette noirceur. Nous sommes pleins de noirceur, nous les artistes trash et profonds. C'est dûr à vivre. Laissez-nous souffler. Tassez-vous avec vos sourires; la vie, c'est rough. Nous, on a compris ça.
De toute façon, c'est bien connu, les gens heureux le sont parce qu'ils ne se posent pas de questions. Les gens heureux sont twits. Nous autres, artistes incompris, on réfléchit. Et c'est éprouvant, réfléchir. C'est souffrant. Les dilemmes qui s'ouvrent à nous, si vous saviez... C'est draînant, vraiment. Il faut nous laisser traverser nos crises existentielles dans la solitude. C'est artistique, la solitude. Les Grands Artistes n'avaient pas beaucoup d'amis. On les persécutaient. Parce que ce n'est pas donné à tout le monde d'être profond, d'être torturé, d'être artistique.


Il est important de tenir le stencil lorsque l'on veut tracer une jolie lettre drette. Si on s'obstine et qu'on se la joue habile à une main seulement, alors le stencil devient inutile. Il glissera sur la feuille et la lettre désirée drette ne le sera pas. Il y aura des cris et des larmes. Vous aurez besoin de chocolat, parce qu'on ne sait plus quoi faire quand ça ne va pas. Et voilà, vous aurez atteint l'État. Celui-là. Cet état propice à la création.

Mes amis, gorgez votre esprit de pensées noires, souffrez, alourdissez votre existence, feignez l'état suicidaire et vous serez de Grands Artistes.

mercredi 9 mars 2011

Les "mais"

L'Afrique du Nord explose.
Mais des barbus extrémistes au pouvoir c'pas mieux.
Radiohead vient de sortir un album.
Mais y'est plate.
Il faudrait qu'on soit tous végétariens.
Mais jpas capable.
Je suis devenue bilingue.
Mais papa m'a dit que le français disparaîtra d'ici trois générations.
Les élections approchent enfin.
Mais Harper va rentrer.


Mais.
Mais.
Mais j'ai un sourire dans face le matin pareil.

Fuck.

FUCK.
FUCK.

Comment ça, câliss.

mardi 18 janvier 2011

Michael, Michael

En tout cas, moi je viens d'apprendre la chorégraphie de Thriller.
On va être 30.
Ça va être dément.

dimanche 16 janvier 2011

Petite idée deviendra grande

Ça a l'air qu'on peut tomber amoureux de ses idées.
On m'a dit que c'était mal. Qu'il fallait éviter à tout prix de se cloîtrer dans ce genre de relations-là. Mais plus j'y pense, plus je me dis que c'est essentiel, si on veut leur donner une chance.
Les idées ont autant besoin d'amour que les humains.

samedi 30 octobre 2010

La page blanche

Première neige.
Ça me donne envie de laisser mon festif-tempérament de côté et de me câlisser de l'Halloween en ce samedi 30 octobre.
Je sens un petit air de solitaire sur ma face pas de maquillage et un petit air d'énergie absente sur mon corps pas de costume. Parfait pour écrire. Maintenant que mon petit dernier court-métrage est sur le point de laisser entrevoir ses premières dents le lait, je peux me relancer dans un autre projet. J'ai un an top chrono pour écrire mon nouveau bébé. La page blanche m'excite plus qu'autre chose. C'est un syndrôme fort agréable, à mon avis. Être ébloui par les possibilités. C'est un peu comme être jeune. J'ai lu dernièrement dans un roman de Kundera (Kundera, criss. Wow de wow.) que la jeunesse était une valeur plus qu'un état d'âge. J'aime ça. Je prends et je mets dans ma pochette de valeurs. Odile Gamache ne sera jamais vieille, merci, bonsoir. Ça me fait pas peur, les rides. C'est de perdre mon amour pour le syndrôme de la page blanche qui me fait le plus peur. D'avancer dans l'entonnoir des possibilités qui rétrécit. Le genre de robot-machin dans Le Magicien d'Oz a un entonoir sur la tête. Et son visage est argent. Je me demande si le mot argent vient du fait que l'argent était la couleur de l'argent ou l'inverse. Cela n'a pas beaucoup d'importance, considérant que l'humain détruit l'environnement et que l'économie domine le monde. Ça non plus n'a aucune importance, considérant le fait qu'on ne sait même pas si nous sommes seuls dans l'univers. Et ensuite, en quoi l'inventeur du plat tupperware peut-il être fier.
J'ai la pire tête ; 20000 idées me traversent l'esprit par seconde, mais je ne suis pas capable d'en attraper une et de la développer à 100%. Je suis un redbull cérébral et c'est fort ennuyeux. Je crois que j'aurais besoin d'être seule devant un paysage mort, immobile, silencieux pour quelques semaines. Je disposerais à ma gauche un filet à papillon et à ma droite un petit bocal. Je m'assoierais en indien, parce que ça fait plus sérieux lorsqu'on parle du monde des idées. J'ouvrirais grand mes yeux, mais je ne verrais pas vraiment le paysage. Je verrais mon redbull-cerveau dénudé, sans même son caleçon. Et le paysage immobile annesthésierait mes idées une à une. Elles gèleraient lentement devant mes yeux. Je prendrais alors mon filet à papillons et je sélectionnerais celles qui me paraîtraient amusantes, jolies, ingénieuses ou originales. Je poserais alors sur mon nez de grosses lunettes bien lourdes et classerais le tout, avec la plus minutieuse attention. Et lorsque tout me paraîtrait en ordre, je quitterais le paysage immobile, en ne laissant aucune trace. De cette manière, je pourrais envoyer d'autres redbull-cerveaux-amis en cure. Et je construirais des condos dans mon joli paysage pour que plus de redbull-cerveaux-amis se soignent. Et j'implanterais une chaîne de restauration sympa pour que la cure soit des plus agréable. Mais certains sont difficiles lorsqu'il est question de nourriture. Alors je ferais débarquer un McDo qui ferais jouer cKoi très fort pour déranger les redbull-cerveaux-amis. Et un centre d'achat s'imposerait de lui-même, parce que les humains ne peuvent pas vivre dans le silence de leurs pensées ; ils doivent être divertis et dépenser. De toute façon, c'est mal de penser. C'est mieux dépenser. Sans cela, on pourrait avoir des idées.
Ne distribuez surtout pas de pages blanches aux citoyens, dirigeants. Surtout pas.
Noircissez tout ce qui est blanc.

dimanche 10 octobre 2010

Préoccupation automnale

Je n'ai encore jamais pleuré en regardant une toile et ça m'angoisse.

mercredi 6 octobre 2010

Torture X-tream

J'ai écouté un documentaire sur la privation sensorielle.
Les cobayes restaient enfermés pendant 48h seuls dans une petite pièce complètement noire enfouie dans un vieux bunker au milieu de la forêt, coupés de tout stimulis sonores, visuels, tactiles ou sociaux.
Tous leurs faits et gestes étaient filmés par une caméra infrarouge et un microphone enregistrait leurs monologues (plusieurs se parlaient pour tenter de faire passer le temps).
On a évalué leur capacités intellectuelles à l'aide de questionnaires et de tests avant et après les 48h. On les a donc suivis durant leur périple. Résultat : ils viraient tous sul'top!
Le taux d'erreur lors des seconds tests a atteint 200% par rapport aux premiers.
Ayoye! Seulement 48h et ils ont perdu presque la moitié de leur jugement et de leur logique.

Conclusion : le cerveau humain doit toujours être stimulé, sinon il se détériore drastiquement.
On connaît surtout l'enfer représenté comme un lieu sombre où le feu nous encercle et où la chaleur est suffocante. Mais une autre des conceptions de l'enfer, c'est la privation sensorielle suprême. Aucune présence, aucun stimuli, aucune sensation du temps qui passe. Arien. Seule la conscience d'être. Mais c'est quoi exister, sans aucun stimuli?

Le cerveau humain est la chose la plus fascinante qui existe.
Dans ma liste de choses-impossibles-à-faire-mais-que-ça-serait-trop-nice, j'ajoute ceci :
Meeting avec le plus grand neurologue de tous les temps en l'an 2600 afin qu'il m'explique le mystère enfin résolu de la matière grise.