samedi 28 août 2010

23h33

Desfois tsé.
Tu te dis "aaaayoye".
Tu y penses pu.
Pis tu y repenses.
Pis ça fait du bien.
Pas besoin de télé.

samedi 21 août 2010

L'eau, ça goûte moins que le jus et le ménage

L'eau, ça goûte rien.
Pis l'air aussi.
Mais ça veut pas dire qu'il ne faut pas faire le ménage.
Jeter des choses, ça fait un bien fou et l'eau, ça goûte moins que le jus. Ça fait de la place, ça aère l'esprit. C'est apaisant et l'air c'est pas essentiel, tant que tu es un cailloux.
Un garde-robe bien rangé, ça donne envie d'y mettre des robes. Sinon, rendu au point où il est dangereux d'en ouvrir la porte, mieux vaut sacrer ses jolies robes en boule dans un coin.
Et elles sont frippées après. Surtout, ne jamais aller rendre visite à sa grand-mère avec du linge frippé. Elles détestent ça et en plus, leur peau a besoin d'eau.
Alors, donc, cependant, toutefois, aujourd'hui, en ce 21 août, jour de pas-ma-fête, je fais du ménage, je respire de la poussière et me réjouis que le soleil ait pris congé.

mercredi 18 août 2010

Séance d'anaérobie

Il improvise.
Je n'existe plus.
C'est le plus bel échange que l'on puisse avoir, lui et moi.
Il lance les note du bout des doigts et je les attrape. Il n'y a que moi pour les attraper.
Je voudrais isoler les murs et calfeutrer les fenêtres pour m'assurer d'être la seule à les attraper.
Je voudrais que la musique soit une langue que seuls nous deux comprenions.
Je voudrais aussi pouvoir lui répondre, mais je suis muette. Et c'en est mieux ainsi.
Qu'il s'approprie tout l'air habitant cette pièce pour faire résonner ses notes. Tous les centimètres cube d'air, tous. Je m'en fiche. Je retiendrai mon souffle. De toute façon je n'ai pas besoin de respirer tant que j'attrape ses notes.
Je suis immobile. Je ne peux faire autrement.
Si jamais il était déconcentré...
Si jamais il cessait de jouer...
Si jamais il pensait m'ennuyer...
Si jamais une idée formulée avec des mots plutôt que des notes lui venait à l'esprit...
Non, il faut rester immobile.
Exister le moins possible.
Pour qu'il existe encore plus.
Pour que sa musique respire tout le silence qu'on lui donne et qu'elle s'abreuve de toute l'immobilité qui nous fige.

La pièce est bientôt pleine. Les notes s'entassent. Je le sens s'épuiser. Je ne respire toujours pas, de peur d'anéantir la naissance d'un accord ou d'une mélodie. L'air se fait rare. Les notes cherchent une porte de sortie. Il s'obstine.
Il lui faut plus d'espace.
Il lui faut le désert.
Avec tout cet espace, on pourra passer des nuits entières à s'échanger des notes et à exister à un.
Tout un désert à lui seul et je le transformerai en océan, sans faire le moindre bruit.

lundi 2 août 2010

The Suburbs & moi

Ce matin, alors que je tentais désespérément de me mettre en fonction "éveil" et de me convaincre que j'étais sobre, j'ai entendu les pas du facteur dans l'entrée. Un redbull n'est rien comparé à ce qui m'attendait.

Un joli petit paquet jaune matelassé gisait sur le sol. Mon nom était inscrit en lettres moulées au centre de l'enveloppe. Et dans le coin supérieur gauche, le noms des Sauveurs, des Messis, des Génis, des Surhumains, des Élus:

ARCADE FIRE
6600 Rue St-Urbain
Montréal, Qc
H2s 3G8

J'ai vite oublié les trois heures de sommeil qui me séparaient de la vieille. J'avais commandé leur album, impatiente de l'écouter, mais je n'avais pas osé espérer le recevoir avant sa sortie dans les disquaires!

Ce petit objet circulaire est la 8e merveille du monde.
Je suis complètement sous le choc.
J'ai envie de croire en Dieu.

Et à Osheaga, seigneur. Déjà que j'étais complètement bouleversée par l'incroyable performance du band new-yorkais The National, je suis tombée de 13 étages avec Arcade Fire. J'avais envie de pleurer du début à la fin de leur show. Ils ne peuvent pas exister. C'est impossible, un band de même.
Si un jour un dude ben smatt invente le tatoo audio, eh ben je me tatouerai tout le corps de leur musique. Avec quand même quelques centimètres carrés dédiés à Radiohead.