samedi 15 mai 2010

Les vieilles affaires

Desfois, c'est l'fun de ressortir de vieux disques.
Comme marcher sur un vieux plancher qui craque.
Comme porter un vieux cotton ouaté usé.
Comme lire un vieux livre jauni.
Comme s'accoter sur un vieil arbre.
Comme revoir de vieux amis.

Aujourd'hui, je feel "sépia".

mardi 11 mai 2010

Deuxième cabine en partant du fond

Les toilettes de la grande salle du cégep de St-Laurent sont bien plus que de simples toilettes publiques. On y retrouve autant des graffitis vraiment retardés que des petits bijoux de dessins, des revendications utopiques, du chiâlage, des citations de Rihana, mais aussi de Nietzsche, des confidences, des déclarations d'amour, des jokes, des clins d'oeil, de la philosophie à deux cennes, mais aussi à 1000 piasses.
Un beau fouillis chaotique, mais oh combien vivant et coloré.


Et il a y cette phrase dans la deuxième cabine en partant du fond. Juste en dessous du distributeur à papier de toilette:
" Si tu savais comme c'est cruel toutes ces rues qui bifurquent et cette peur de choisir celle où tu n'es pas." - Tonino Benaquista








dimanche 9 mai 2010

Réflexion procrastinante

Je parlais avec un gars hier.
Il me disait que la musique populaire abrutissait les gens. Que l'on s'habituait au "facile" du bon beat et de la bonne mélodie et que ça restreignait notre réceptivité aux différents genres. Qu'elle nivelait vers le bas l'appréciation de la "vraie musique". Et moi de lui demander quelle était selon lui cette "vraie musique". Et lui de me répondre : " Voyons Odile, celle qui offre le plus de possibilités : la musique classique !".
Alors que je n'étais en accord avec aucun des premiers points qu'il soulevait, j'ai été charmée par le concept de possibilités multiples.
J'ai terminé ma réflexion sur le chemin du retour de cette soirée particulière, à 4h du matin, dans les rues désertes d'un Montréal crispé par le vent et la neige. Ce Montréal-là, il me plaît autant que le Montréal agité des chaudes soirées festivalesques d'été. C'est son petit côté grognon. J'adore le silence de Montréal à 4h du matin. Cette heure suspendue entre deux, qui succède le moment où les pitounes au teint orange quittent les clubs et qui précède le lever de René Homier-Roy. C'est l'heure transitoire par excellence.
J'en étais donc à reconsidérer cette histoire de possibilités multiples.
Est-ce que la liberté qu'offre un domaine/courant artistique le rend supérieur à un autre ?
Si je recontextualise, ce serait comme dire que la sculpture est un art plus "vrai" que la peinture parce que le sculpteur peut s'approprier les trois dimensions de l'espace alors que le peintre est restreint par la deuxième dimension.
Je pense que les contraintes en art ne sont pas à proscrire au nom de l'expressivité. Sans contrainte, on atteindrait un chaos insipide. La tendance actuelle qui dicte que l'artiste doit sortir son jus, sans censure, sans nécessairement de structure ni de démarche pour ne pas brimer l'expression est selon moi complètement absurde. Cet acte libérateur a sans aucun doute sa raison d'être, mais je le classerais davantage dans la section "psychologie de l'épanouissement, du développement personnel et de la conscience individuelle" que dans celle de l'Art.
Il faut distinguer besoin d'expression et création artistique.
La création artistique sous-entend selon moi une démarche quelconque. Or, je soutiens que cette fameuse démarche doit transparaître au travers de l'oeuvre. De cette manière, l'oeuvre est habitée par l'artiste. La couleur, le pierre, le corps ne sont plus que matière manipulée, mais bien matière appropriée. Il faut une sensibilité particulière pour être capable de transposer une idée, une impression ou un sentiment à travers un médium extérieur, que ce soit le corps du danseur, le pinceau du peintre ou l'instrument du musicien. C'est cette sensibilité qui fait d'un créateur, un artiste.
En fait, l'Art, c'est de la traduction.
Plus les possibilités concrètes sont multiples, plus la complexité de la pensée peut être traduite de manière authentique.
Alors, Greg, je me rends.

Je ne sais pas pourquoi il me vient à l'esprit de partir sur des idées de même alors que j'ai une semaine de malade mental qui s'en vient, bien gorgée d'examens et de projets à remettre...




vendredi 7 mai 2010

Religion géométrique

Quand c'est plate, on peut toujours se dire que la ligne droite est une très belle chose.
La ligne droite, même si on a la tête à l'envers, reste droite. Pas comme la lettre U qui délaisse son gentil sourire avenant pour exposer une moue ennuyeuse. On peut faire confiance à la ligne droite. Elle est constante et fidèle à sa définition, peu importe le contexte. Les plus pointilleux mentionneront qu'il est théoriquement impossible de voir une vraie ligne droite puisqu'elle se résume à être le concept d'un alignement infini de points. Mais d'autres répliqueront que fuck off tant que c'est drette, ça fait l'affaire. Pour les plus sensibles, elle peut s'éloigner légèrement de sa vie rangée et opter pour une vie plus tumultueuse : celle de ligne droite à main levée. La ligne droite à main levée, c'est la rigueur mathématique altérée par la subjectivité biologique. C'est la rationalité, mais avec du piquant, de l'expressivité et de la personnalité. Elle est maladroite, mais attachante. La ligne droite à main levée, c'est l'Homme qui essaie de bien faire. C'est l'Homme qui cherche à atteindre la vérité ou encore le bonheur. Certains ont un trait plus assuré, d'autres hésitent ou tremblent. Certains appuient fort sur leur sharpie, d'autres sont plus timides et choisissent le HB. J'aime penser que l'Homme tend vers la ligne droite, même si chaque jour, je me dois de conclure que c'est plutôt la fonction sinusoïdale qui lui convient.

Si Dieu existe, il est probablement une ligne droite.

mercredi 5 mai 2010

Trip visuel de la semaine

Wolfgang Tillmans, mes amis :







J’ai toujours été fascinée par la délicatesse et par la légèreté des toiles de Wolfgang Tillmans.

La couleur en suspension dans cet espace indescriptible, la matière qui semble avoir pris le dessus sur le geste humain, la couleur qui paraît s’animer et danser au ralenti dans un liquide lourd et visqueux...

Ça me donne envie de ne plus avoir de masse et d'écouter du Satie dans une pièce remplie de tissus doux, là où l'alphabet n'existe pas.


mardi 4 mai 2010

Les choses optionnelles.

La facultativité du sommeil est temporaire.
Mais on est jeunes, il faut en abuser.


samedi 1 mai 2010

Leçon de lecture

Parfois, je me rends compte que je ne sais plus lire.
Je lis le journal, un article me choque, je passe au prochain.
Je lis un roman, une phrase me touche, je lis la suivante.
Je lis trop vite. Je ne m'approprie plus ce que je lis.
J'engouffre les mots sans les mastiquer. Sans laisser le temps aux lettres arômatiques de remonter jusqu'à mon nez. J'avale tout rond et je le regrette après. Mais la digestion est entammée et c'est trop tard.
C'est peut-être que je me dis qu'il y a trop à lire pour s'arrêter à tout bout de champ...
Mais ça sert à quoi d'engloutir des kilos de crème glacée si on ne prend pas le temps d'apprécier l'onctuosité de la crème et les petits bouts de chocolat dissimulés?
Je l'sais ben pas.
J'ai peut-être besoin de vacances. J'ai peut-être la terrible maladie du lecteur passif.
C'est décidé ; aujourd'hui je retourne à la maternelle avant qu'il ne soit trop tard.