J’avais envie d’écrire une histoire parce que j’ai trop mangé depuis les trois derniers mois. Le lien est difficile à établir, j’en conviens. En fait, j’ai trop mangé et je n’ai rien chié depuis les trois derniers mois. Encore là, ça n’éclaire rien. J’ai l’impression de jouer aux devinettes. Tiens, jouons pour de vrai alors :
Quel est le lien entre une mère qui n’est pas hôtesse de l’air et une mère qui préfère le dentifrice à la cannelle (chose que j’éliminerais définitivement des tablettes des supermarchés) au dentifrice à la gomme baloune (quelle idée de donner une saveur de bonbon à un truc qui est censé combattre la carie!)? Quel est le lien entre une brosse à barbecue et le canal auditif d’un certain scientifique qui porte encore son nom de jeune homme, soit Tétraflorure de Jeune-Homme?
Bon, assez joué. Ça fait du bien. Vous voyez, je me sens moins pleine à présent. Rangeons les jouets. Il manque des pions dans le jeu de Monopoly, on n’a plus les dés pour le backgammon, et on a encore perdu la carte de Professeur Plum. On s’en câlisse ; il y a toujours eu trop de pions dans le Monolopy, personne ne sait jouer au backgammon et Professeur Plum n’est jamais le meutrier, regardez sa face d’innocent. Les hommes aux allures d’innocents sont les plus dangereux me direz-vous, et moi de vous répondre que Mickey Mouse et Barney n’ont jamais tué personne. Sophisme. Dla marde.
Pour revenir à mes propos du début, ce que j’entends par chier, eh bien c’est créer. Quand on chie, on se libère. Quand on crée, on se libère. On ne peut pas se forcer à chier, tout comme on ne peut pas forcer la création. Faut que l’intestin travaille, faut que ça macère, faut que ça marine, faut que ça bleu-marine. Prendre de l’extérieur, s’approprier l’extérieur, intérioriser l’extérieur, façonner à sa manière l’extérieur et rendre l’extérieur maintenant intériorisé à l’extérieur. Prendre un épi de maïs, mastiquer un épi de maïs, avaler un épi de maïs, digérer un épi de maïs, chier de la crème de maïs. Voilà pour moi ce qu’est la création. Ça prend du temps. Faut y mettre du sien. Créer avec la tête est aussi possible… Ce serait comme choisir de manger des betteraves pour chier rouge, parce que c’est rigolo. Ma mère me dit souvent que je ris comme Mozart, alors qu’il était dans sa période de folie grave. J’aime la comparaison. Je crois que je pourrais m’asseoir à mon bureau et jouer pendant des heures à établir des comparaisons ridicules. Ce filet d’esturgeon est aussi tendre qu’une paire de jeans ayant été portée pendant trois mois sans être lavée. Vos yeux sont comme des sacs à surprises achetés dans une boutique d’aliments naturels. Il se fait tard, comme hier lorsque je me suis dit qu’il se faisait tard. Plaisant. Combiner des mots est plaisant. Combiner des chiffres lorsque l’on tente de retrouver la combinaison du cadenas scellant le coffre contenant votre carte d’assurance maladie, votre passeport, les clés de votre maison, votre amoureux, vos enfants ainsi que votre roman favori peut être moins plaisant, j’en conviens. Vous n’aviez qu’à enfermer votre amoureux et votre passeport dans le réfrigérateur. Tout le monde sait que l’on ne verrouille jamais un réfrigérateur. Parlant de frette, je me dis souvent que j’aimerais bien congeler mes idées. Je pourrais avoir un congélateur (verrouillé cette fois) muni de multiples compartiments classés selon le thème ou selon l’année. Ils contiendraient mes opinions et idées sous forme de petits bonbons. Je pourrais alors avaler le petit bonbon bleu du compartiment 1998 et pouvoir ainsi avoir accès à ma vision de la vie à cette période de mon enfance. Ou encore avaler le petit bonbon violet du compartiment 1989 et me retrouver dans ma tête de fœtus. J’aime bien. Je vais y travailler. Il me faudrait des bâtons de popsicle, des crayolas, des cure-pipes et des glaçons. Oh! Et ma calculatrice scientifique. La calculatrice scientifique est un bel outil. Le blog est aussi un bel outil. D’ici l’obtention de mon breuvet, je me contenterai de ce blog pour congeler mes idées. Je n’aurai qu’à faire surchauffer mon ordinateur pour les récupérer, et cela, seulement si je veux bien les récupérer un jour.

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