mercredi 5 mai 2010

Trip visuel de la semaine

Wolfgang Tillmans, mes amis :







J’ai toujours été fascinée par la délicatesse et par la légèreté des toiles de Wolfgang Tillmans.

La couleur en suspension dans cet espace indescriptible, la matière qui semble avoir pris le dessus sur le geste humain, la couleur qui paraît s’animer et danser au ralenti dans un liquide lourd et visqueux...

Ça me donne envie de ne plus avoir de masse et d'écouter du Satie dans une pièce remplie de tissus doux, là où l'alphabet n'existe pas.


mardi 4 mai 2010

Les choses optionnelles.

La facultativité du sommeil est temporaire.
Mais on est jeunes, il faut en abuser.


samedi 1 mai 2010

Leçon de lecture

Parfois, je me rends compte que je ne sais plus lire.
Je lis le journal, un article me choque, je passe au prochain.
Je lis un roman, une phrase me touche, je lis la suivante.
Je lis trop vite. Je ne m'approprie plus ce que je lis.
J'engouffre les mots sans les mastiquer. Sans laisser le temps aux lettres arômatiques de remonter jusqu'à mon nez. J'avale tout rond et je le regrette après. Mais la digestion est entammée et c'est trop tard.
C'est peut-être que je me dis qu'il y a trop à lire pour s'arrêter à tout bout de champ...
Mais ça sert à quoi d'engloutir des kilos de crème glacée si on ne prend pas le temps d'apprécier l'onctuosité de la crème et les petits bouts de chocolat dissimulés?
Je l'sais ben pas.
J'ai peut-être besoin de vacances. J'ai peut-être la terrible maladie du lecteur passif.
C'est décidé ; aujourd'hui je retourne à la maternelle avant qu'il ne soit trop tard.

mercredi 28 avril 2010

Aller, on s'barre.

J'ai été excitée toute la journée comme un kid de 7 ans devant un sapin de Noël plus petit que le tas de cadeaux en dessous et relié par intraveineuse à une machine expresso chargée à bloc.
Après le cégep, roadtrip jusqu'à Cap Hatteras, avec les girls. HA.
D'ici là, ne reste qu'à monter l'expo de A à Z, passer la %?*#@ d'entrevue stressante de scénographie, clencher les examens, fêter la fin pour quelques jours ET ON DÉ-CÂ-LI-SSE.




mardi 27 avril 2010

Pensées et impressions du 27/04/10

Les vapeurs de caoutchouc, ça rend vraiment dingue.
La soupe est une chose réconfortante.
Je me pète toujours la gueule quand il y a de la neige d'accumulée sur le blacon.
Les barres tendres, ça goûte toute la même criss d'affaire.
Le hockey, malgré tout ce que j'en pense, est un truc rassembleur.
La guerre froide s'est implantée dans ma gorge. Ça va probablement éclater à la fin de la session.
J'aurais aimé être amie avec Marie Curie.
Il ne faut pas interchanger le cury et la cannelle.
Les gens ont un osti d'air bête quand il tombe de la merde.
Excel est un logiciel terriblement intelligent.
L'encre à l'eau tache les doigts pour exactement 2 jours.
Léopold Foulem est quelqu'un d'étonnement très marquant.
Un journal mouillé est désagréable à manipuler.
Ça doit être cool être un "homme-orchestre".
Je voudrais bien avoir le E-ELT dans ma chambre, merci.



mercredi 21 avril 2010

Rêvasserie et confabulation

Je me suis réveillée ce matin en panique. Ça m'a pris une bonne minute avant de comprendre que je venais de rêver.

Encore quelques petits instants, et c'était notre tour de monter sur scène. J'étais la claviériste du band (ah ben!) et on s'apprêtait à jouer en grande première notre dernière pièce musicale. Le truc embêtant, c'est que j'oubliais à chaque minute la mélodie que je devais jouer. Je m'entends encore demander dans les coulisses aux autres membres du groupe "c'est quoi déjà, mon bout?". On me le sifflotait, mais rien à faire, deux minutes plus tard, je l'avais encore oublié. Alors que je commençais à trouver ces trous de mémoire perpétuels légèrement angoissants, j'ai réalisé que mon petit piano FisherPrice (!?) n'avait plus de piles. On m'a tout de suite suggéré de chanter à la place. Très cool, je ne sais pas du tout chanter. Et je ne me souvenais pas plus de la mélodie.

Réveil matin. Fiou. J'étais encore dans les vappes, alors je ne peux pas l'affirmer avec certitude, mais j'ai cru voir mon cadran me faire un clin d'oeil. Instinctivement, j'ai pensé lui en faire un en retour. Ayoye. J'ai finalement retrouvé mes esprits après un double expresso et une bonne toast au beurre de peanut. J'en dois quand même une à mon cadran. Tiens, je lui donne congé demain matin.

Rêver est une chose très l'fun.

C'est comme si on se parlait à soi-même, mais dans un langage supra codé. J'aimerais bien payer une bière à mon subconscient et l'inviter à me dévoiler les secrets de mon profond surmoi. Je suis certaine que les subconscients sont de gentilles choses. Ils parlent probablement en hiéroglyphes et se déplacent en rollerblades. Je n'ai pas de problème avec ce genre de personnes. Je sais dessiner et faire du skateboard de profil. On s'entendrait, j'en suis certaine.

Le hic dans tout ça, c'est que je ne sais pas si les subconscients aiment la bière.

samedi 17 avril 2010

Pêche à la ligne

Ça me trotte dans la tête depuis hier soir. Jules avait raison.
Je n'ai pas du tout envie d'avoir des amis gentils.
On s'obstinait à savoir si c'était une qualité importante.
J'ai fouillé dans le dictionnaire : "Qui plaît par son respect délicat des convenances dans ses rapports avec autrui".
Être gentil a selon moi une connotation presque négative par le fait que c'est une qualité tellement banale. Tout le monde peut être gentil. Être gentil n'implique rien. Être gentil, c'est facile. Trop facile.
Et Jules d'interrompre notre débat en sortant tout simplement : "Je préfère les gens stimulants".
Silence.
Le sage a parlé.
On se retourne lentement vers lui. Il prend une gorgée de vin, sans nous regarder, comme si de rien n'était.
La phrase est sur repeat dans ma tête. Ça sonne ben en criss. Plus j'y pense, plus c'est ça.
Jules finit par laisser échapper un petit rire.
De amis stimulants... Je regarde autour de la table et c'est exactement ce que j'ai sous les yeux. C'est le dénominateur commun icitte, aucun doute. On se regarde, on rit. Le débat est clos. Facile de même.
Faut des amis pour être stimulés dans toutes les directions. Si mes amis étaient des cannes à pêche (!), je voudrais que chaque centimètre de peau de mon corps soit accroché à un hameçon et qu'ils me tirent dans toutes les directions. Je veux subir une homothétie d'un facteur 100. Je veux avoir le goût d'en apprendre sur la brique et le béton parce que Philémon est ben trop excité quand il me raconte avec passion ses cours d'architecture. Je veux essayer de faire la split parce que Jérémie, lui, est capable. Je veux être dépaysée pendant longtemps dans un no man's land parce que Max a dont ben l'air d'avoir compris la vie depuis son retour. Je veux apprendre l'allemand parce que Étienne est tellement cute quand il essaie de nous apprendre à prononcer guten tag. Je veux lire tout Freud parce que les yeux d'Isa lui sortent des orbites quand elle m'en parle. Je veux apprendre le piano parce que ça me fait pleurer d'écouter Jean-François jouer. Je veux bien me forcer à goûter du criss de fromage de chèvre parce que tout mes amis me disent que je manque quelque chose. Je ne veux rien manquer. Et si ma quête pour ne rien manquer se fait en solitaire, je suis déjà game over.

Tout le monde devrait savoir pêcher.